La défaite est orpheline tandis que la victoire a plusieurs parents. Henry Mouyebe alias “Ngando Picket” la mascotte des Lions indomptables en fait les frais pour la défaite de la sélection nationale camerounaise à la huitième de finale de la CAN ivoirienne, battue par le Nigéria par 2-0, synonyme de l’élimination.
Ngando Picket 72 ans, homme corpulent toujours peint en couleur nationale camerounaise “rouge-vert- jaune”, a toujours accompagné les Lions Indomptables lors de leurs différentes conquêtes continentales. Il était déjà là à Abidjan en 1984 lors du premier sacre camerounais et à ses propres frais. Ngando, le douzième homme et le supporter numéro un de la sélection en dehors de Paul Biya, le Chef de l’État camerounais.
Ngando Picket a connu des moments de gloire et de disette avec la sélection. Il a assisté à 16 “coupes d’Afrique” des nations sans oublier aussi dans d’autres disciplines sportives avec les sélections camerounaises. C’est un véritable patriote. Là où le drapeau camerounais est déployé, Ngando Picket n’est jamais loin. Il a été aussi à la coupe du monde de football ( 3), sauf celle de 2010 en Afrique du Sud.
Je garderais toujours en mémoire le souvenir de cet homme en Coupe d’Afrique des nations au Mali en 2002 ; Ngando Picket en compagnie de quelques fanatiques camerounais vont défiler dans une cérémonie nocturne avec un cercueil peint aux couleurs de la RDC ,synonyme d’un enterrement symbolique, effectivement, le Congo sera battu par le Cameroun en match de poule. Un sorcier ce Ngando ? But de Patrice Mboma.
Le dernier voyage de Ngando pour Abidjan cette fois-ci se passe de tout commentaire. Passionnés du foot, Ngando Picket et son groupe de fanfare pour encourager les Lions Indomptables en Côte d’Ivoire se croyaient oublier par la Fecafoot à l’approche de l’échéance à venir. Ils vont alors s’engager dans une aventure périlleuse afin de rallier le pays de Didier Drogba avant le début de la compétition.
Une course contre la montre en passant par le Nigeria, le Niger et jusqu’en Côte d’Ivoire en empruntant des routes et chemins tortueux, sentiers cahoteux, rivières, ruisseaux et fleuves. Une aventure à ne plus recommencer avant d’arriver sans encombre à Yamoussoukro remerciant le ciel. Le continent africain n’est pas si relié que ça et les routes ne sont pas toutes asphaltées.
Tandis que la Fecafoot de Samuel Eto’o va affréter des vols spéciaux pour transporter une cohorte d’influenceurs camerounais en Côte d’Ivoire pour aller se filmer et faire des selfies dans les jolis stades ivoiriens au frais du contribuable camerounais. Des gens qui n’avaient aucune idée de ce que ferait un supporter au stade.
Ngando Picket qui voulait arrondir les angles et cacher sa déception après son arrivée à Abidjan se sent aujourd’hui léser et abandonner à son triste sort après l’élimination des Lions Indomptables en huitièmes de finale par le Nigéria. Il est “oublié” à Abidjan alors que les athlètes et les officiels camerounais sont tous déjà rentrés au pays.
Dans la frustration dûe à la défaite, la Fecafoot a-t-elle oublié exprès le grand et imposant Ngando Picket, un homme grand comme la tour Eiffel de Paris? Et surtout que ce dernier n’a plus envie de rentrer par le même chemin qu’il avait emprunté pour arriver en Côte d’Ivoire, un chemin à haut risque ? En tout cas après l’élimination des Lions Indomptables de la compétition, Ngando Picket n’a plus sa raison d’être en Côte d’Ivoire.
Il est temps qu’il soit rapatrié au pays, lui et toute sa bande pour ne pas s’exposer à la risée des Ivoiriens qui sont encore distraits et dans la joie de la qualification. Un dernier conseil à Ngando Picket le “Manolo”camerounais, il est temps pour lui de prendre sa retraite. Il a déjà fait son temps. Oui, la défaite est vraiment orpheline. Ngando Picket est aujourd’hui seul à Abidjan. Ngando Picket, une fierté bien camerounaise après Paul Biya, Francis Nganou, Roger Milla et Yannick Noah.
Dary Abega / Lobjectif.net













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