Insécurité à l’est : Tshisekedi et Mabunda interpellés

Le caucus des députés nationaux de l’Ituri appelle le Chef de l’Etat et la présidente de l’Assemblée nationale à restaurer l’autorité de l’Etat afin de mettre fin à l’insécurité dans cette partie de la RDC. 

 

Gratien de Saint Nicolas Irachan, porte-parole de ces députés l’a dit à la presse samedi 1er juin. ‘‘La situation que nous traversons maintenant en Ituri devient déplorable. C’est inacceptable. L’insécurité c’est un problème de la faiblesse de l’autorité de l’Etat. Nous avons une armée qui est équipée, avec des hommes capables. Mais il se fait que cette armée-là connait certaines difficultés. Il y a des infiltrés, il y a des officiers qui font des trafics d’armes et des minerais », dénonce Gratien de Saint Nicolas Irachan. Les députés nationaux de l’Ituri promettent de faire un sit-in devant le bureau de la présidente de l’Assemblée nationale, Mme Jeanine Mabunda, pour qu’elle lance un message clair et s’implique pour que soit trouvée une solution définitive à ce problème d’insécurité.

Des exactions en cascade

Dans ce dossier, nous présentons à titre d’illustration quelques cas d’attaques récentes.

Sept morts à Beni

Au moins sept civils ont été tués vendredi à Beni dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), vaste région instable qui représente le plus grand défi sécuritaire du nouveau président Félix Tshisekedi. La ville de Beni bénéficiait d’une relative accalmie depuis l’élection du 30 décembre, d’ailleurs annulée dans cette cité de la province du Nord-Kivu, officiellement en raison de la violence et d’une épidémie d’Ebola, qui a fait au moins 468 morts. « L’attaque de la nuit a fait au total sept morts. Nous avons retrouvé malheureusement deux autres corps », a déclaré l’un des porte-parole de l’armée dans la région, le major Mak Hazukay. Il avait d’abord fait état d’un premier bilan de cinq morts. Ces deux civils ont été tués à la machette. L’attaque a été menée par des ADF (Forces démocratiques alliées) », a ajouté le porte-parole. Les ADF sont historiquement de présumés rebelles ougandais musulmans. Les autorités leur attribuent la responsabilité du massacre de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis 2014. « Les combats sont en cours. Ces ADF tentent une incursion dans la cité de Oïcha (au nord de Beni). Sur l’axe Mbau-Kamango, ils ont attaqué la position de l’armée », a poursuivi le major Hazukay.

 

4.000 sans-abris en Ituri

Dans la province voisine d’Ituri, environ 4.000 personnes sont sans-abri après l’incendie de vingt villages il y a trois semaines par les habitants d’un territoire voisin. Au total 46 miliciens ont été tués dans une offensive des forces régulières contre les groupes armés dans le Nord Kivu et l’Ituri.

5 morts dans une attaque contre le camp de pêche de Songa-Tchu à Djugu

5 personnes ont été tuées et plusieurs habitations incendiées dans une attaque contre le camp de pêche de Songa-Tchu, situé dans le groupement Gobi en Secteur de Walendu Tasti en territoire de Djugu. Des assaillants non autrement identifiés ont investi ce camp dans la journée de lundi, affirment plusieurs sources locales. Des habitants de cette région notamment de Joo et Kafé ont quitté en masse leurs milieux et se dirigent vers Tchomia et Nyamamba. D’autres se rendent en Ouganda à bord d’embarcations.

Des hommes armés investissent sept villages et tuent 6 civils à Mahagi

Des hommes armés non identifiés ont tué six personnes et blessé trois autres dans les villages de Buza, Wivu 1 et 2, Gisi, Agubo, Dala et Mbosi, chefferie de Mukambo, qu’ils ont investis lundi. Ils ont tiré plusieurs coups de feu dans ces villages avant d’incendier des habitations. La société civile locale signale un déplacement massif de la population vers Muguma et Gengere à la suite de cette incursion. De son côté, le Député Daniel Uma, élu du territoire de Mahagi, signale que ces assaillants sont partis de la chefferie voisine de Walendu Pitsi. La même source a alerté les autorités militaires de l’Ituri du fait qu’il n’y a aucun policier ou militaire dans tous ces villages attaqués.

La présence des FDLR inquiète les habitants de Bunyakiri

Les habitants de Bunyakiri en territoire de Kalehe au Sud Kivu sont inquiets de la présence des éléments des FDLR dans leur milieu. La société civile locale parle d’un mouvement des ex-combattants rwandais depuis le mois de janvier en provenance du territoire de Masisi au Nord-Kivu. Un autre groupe des FDLR est venu de Mwenga et s’est installé dans le même territoire de Kalehe, selon la même source. La société civile de Bunyakiri qui alerte l’opinion sur cette situation affirme que cette présence constitue une menace sérieuse à l’endroit de la population de Kalehe en général. Selon la société civile de Bunyakiri, la population n’est pas prête à cohabiter avec ces FDLR qu’elle juge indésirables. Une demande a été adressée au chef de l’Etat ainsi qu’à la Monusco afin de prendre des mesures urgentes pour le retour de ces éléments FDLR dans leur pays le Rwanda. Le gouvernement provincial du Sud-Kivu dit suivre la situation et demande à la population de Bunyakiri de rester vigilante.

25 miliciens condamnés

Dans le Sud-Kivu voisin, 25 miliciens du groupe armé Yakutumba, du nom d’un officier déserteur, ont été condamnés par un tribunal militaire à des peines allant de huit à dix ans de prison, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Ils ont été condamnés pour « des faits insurrectionnels » après un procès qui a duré trois mois. Plus d’une centaine de groupes armés locaux et étrangers sont actifs dans la partie orientale de la RDC.

La paix, priorité de Félix Tshisekedi

 »Ma priorité c’est la paix. On ne peut pas diriger ce pays en ayant une insécurité à l’Est et même dans les autres points », a déclaré le nouveau président Tshisekedi ce vendredi en déplacement à Brazzaville, dans des propos rapportés par radio Okapi. Dans ses déclarations de campagne, il avait promis d’installer son état-major à Goma, « afin de terminer le problème de l’insécurité des groupes armés ». Avec les ADF, les rebelles hutus rwandais de Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) sont parmi les groupes les plus actifs de la région.​Camp de déplacés de Djugu installé à l’hôpital général de Bunia dans la province de l’Ituri en mars 2018.

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