Ce 20 janvier 2025, alors que les États-Unis s’apprêtent à accueillir un nouveau président, l’invitation de Joseph Kabila à cet événement emblématique suscite un mélange d’étonnement et d’incrédulité. Qu’est-ce qui a bien pu passer par l’esprit des équipes de l’ancien président congolais pour balancer sur les réseaux sociaux un faux récit sur une telle invitation, alors même que les États-Unis, bastion de l’indépendance nationale, n’accueillent jamais d’officiels étrangers pour cette cérémonie, qui est avant tout une affaire américano-américaine.
Il faut d’abord rappeler une vérité indiscutable : l’investiture d’un président américain est un événement qui, par définition, ne concerne que les États-Unis. Les Américains, dans leur infinie sagesse, ont toujours su garder cette cérémonie comme un moment sacré, un rite de passage qui ne doit pas être altéré par des considérations étrangères. Lorsque l’on commence à y inviter des chefs d’État d’autres pays, on ouvre la porte à une cacophonie diplomatique qui ne peut que nuire à la souveraineté nationale. Si l’on devait faire une exception, cela ne pourrait être qu’au travers de relations d’État à État, et non par le biais d’une invitation qui semble plus être un coup de pub qu’un geste diplomatique sincère.
Ensuite, c’est un événement sur la place publique au Capitole, ouvert à tout le monde. Ces cérémonies sont faites pour tous même les sans-abri y assisteront. Il convient de s’interroger sur les véritables motivations derrière cette invitation. Ne serait-ce pas une manœuvre orchestrée par des lobbyistes aux intentions obscures ? Ces individus, toujours à l’affût de la moindre occasion pour tisser des liens et pousser leurs propres agendas, profitent de ces moments où les nouvelles administrations se mettent en place pour établir des contacts.
Cela soulève des questions éthiques : est-ce vraiment dans l’intérêt de la République Démocratique du Congo que son ancien président s’affiche aux côtés d’un nouveau président américain ? Les intérêts du pays ne sont-ils pas mieux servis par une diplomatie qui se concentre sur la souveraineté et l’indépendance, plutôt que par des jeux de coulisses qui semblent aller à l’encontre de ces valeurs.
Enfin, la question qui reste en suspens est celle de la loyauté. Joseph Kabila, ancien garant de la souveraineté de son pays, semble avoir oublié les fondements mêmes de sa presidence passée en s’alliant à un pays étranger – fût-il le géant économique qu’est les États-Unis – pour créer une communication qui pourrait fragiliser les intérêts congolais. Ce choix est d’autant plus curieux qu’il pourrait être perçu comme une trahison des valeurs qu’il était censé défendre. En misant sur une telle stratégie, Kabila ne renvoie-t-il pas l’image d’un homme politique plus préoccupé par sa propre image que par le bien-être de son pays.
La rumeur volontairement entretenue sur l’invitation de Joseph Kabila à l’investiture de Donald Trump n’est pas seulement un événement anecdotique ; elle soulève des questions profondes sur la diplomatie, la souveraineté et les véritables motivations de ceux qui nous gouvernent. Dans un monde où les intérêts nationaux doivent primer, il est temps de se demander si nous sommes en train de perdre de vue ce qui fait la force d’un pays : son indépendance.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












