Isiro, le 7 octobre 2024 – La commune de Mambaya a été le théâtre d’une session ordinaire qui a mis en lumière les conditions précaires auxquelles sont confrontés les conseillers communaux. Lors de cette réunion, la présidente du conseil communal, Madame Véronique Matabisi, a exprimé son indignation face à l’oubli flagrant dont souffrent les élus locaux.
Elle en a appelé à une prise de conscience de la part des instances étatiques. Les mots de Madame Matabisi, rapportés par la journaliste Madeleine Kabombiandre, résonnent comme un cri d’alarme. Elle a évoqué le manque criant de locaux pour les assemblées plénières, un aspect fondamental du bon fonctionnement de la démocratie locale.
Le non-paiement des émoluments des conseillers municipaux a été mis en avant comme une injustice qui mine leur capacité à agir efficacement pour le bien-être de leur communauté. Il est d’autant plus frappant de constater que ces élus, qui ont été choisis par le peuple le même jour que le Président de la République, les députés nationaux et provinciaux, se retrouvent aujourd’hui dans une situation d’oubli.
Cette inégalité est d’autant plus préoccupante dans un contexte où la décentralisation et la gouvernance locale sont censées être des piliers de la politique du pays. Madame Matabisi, tout en déplorant ces conditions, a tenu à réaffirmer la détermination des conseillers communaux à défendre les intérêts de la commune de Mambaya.
Leur engagement, malgré les obstacles, témoigne d’une volonté de servir la population, mais soulève également des questions sur l’efficacité d’un système qui semble les abandonner. Ce constat met en lumière un paradoxe inquiétant : alors que le pays aspire à une gouvernance participative et inclusive, les acteurs de première ligne, ceux qui sont au contact direct des citoyens, se retrouvent isolés et démunis.
La voix de ces conseillers communaux, essentielle pour la démocratie locale, mérite d’être entendue et soutenue. Le silence du Président de la République face à cette situation pourrait être perçu comme un signe d’indifférence, voire un abandon des valeurs fondamentales sur lesquelles repose la République. Les élus locaux ne demandent pas la charité.
Ils demandent la reconnaissance de leur rôle et l’octroi des moyens nécessaires à l’exercice de leurs fonctions. Il est impératif que le chef de l’État prenne conscience de l’importance de la base dans l’édifice de la gouvernance. Le soutien aux conseillers communaux ne devrait pas être une option, mais une priorité, car ils sont le lien vital entre l’État et les citoyens.
La commune de Mambaya, tout comme tant d’autres régions du pays, mérite une attention immédiate. Les cris de détresse des conseillers municipaux doivent être entendus et traduits en actions concrètes. La démocratie ne s’arrête pas aux portes des institutions nationales ; elle commence au cœur des communes, là où les citoyens vivent et travaillent. Il est temps d’agir.
Les élus de Mambaya appellent à une prise de conscience collective : les défis auxquels ils font face ne sont pas uniquement les leurs, mais bien ceux de toute la nation. La responsabilité de redresser la situation repose entre les mains de ceux qui ont été élus pour représenter le peuple. Ignorer cette réalité serait une grave erreur, une trahison envers les valeurs démocratiques que chacun s’efforce de défendre.
Madeleine Kabombiandre / Lobjectif.net












