La situation à Isiro, en plein cœur du Haut-Uélé, est devenue intenable. Au rond-point Uélé, la tracasserie et l’humiliation se déroulent sous les yeux de tous, témoignant d’un abandon flagrant des autorités. Les habitants, déjà accablés par la misère et le délabrement avancé des routes, se retrouvent désormais confrontés à une nouvelle forme d’oppression.
Celle des forces de l’ordre qui semblent plus préoccupées par des extorsions que par la protection des citoyens. Il est choquant de constater qu’aucun député, pourtant élu pour défendre les intérêts de cette population, ne se manifeste face à cette crise. Où sont ceux qui devraient porter la voix des Isirois ? Les malades, les femmes enceintes et les personnes âgées sont arrêtés, ajoutant une couche supplémentaire à la souffrance d’une communauté déjà en détresse.
Les petits commerçants, qui n’ont souvent qu’un capital de 20 000 FC pour acheter des produits de première nécessité, sont systématiquement ciblés. Comment peut-on expliquer qu’un homme, qui lutte pour subsister en vendant des bananes ou du manioc, se fasse arrêter en plein centre-ville et contraint de payer des sommes exorbitantes pour continuer son activité ?
Est-ce cela, l’objectif des policiers ? N’est-ce pas plutôt leur devoir de régulariser et protéger les passages, au lieu de s’attaquer aux plus vulnérables ? Nous appelons les autorités de l’État et de la police à une prise de conscience urgente. La situation ne peut plus durer ainsi.
Si rien n’est fait, la population, acculée par la misère, pourrait bien décider de prendre les choses en main. Il est temps de rétablir l’ordre et la dignité à Isiro, avant que la colère du peuple ne se transforme en une réaction incontrôlable. La survie de toute une communauté en dépend.
Ir Heritier Ndombe / Lobjectif.net













