Le verdict est tombé. Par 21 voix sur 22, la commission Kazadi a non seulement blanchi le Rapporteur Jacques Djoli, mais elle a offert à sa défense magistrale la plus haute distinction parlementaire. Loin d’être une simple absolution, le vote du rapport de la commission par la plénière est un acte fondateur : il réaffirme la primauté de la compétence sur l’intrigue et consacre la victoire de l’autorité des textes sur les calculs politiciens.
Dans ce feuilleton rocambolesque de “pétitions alimentaires”, Jacques Djoli faisait figure de cible de choix. L’incompétence notoire lui était reprochée. L’accusation, à l’examen, confine au ridicule. Comment celui qui a formé une grande partie des députés, qui a présidé à la rédaction de plus de 90% du Règlement intérieur qu’ils utilisent aujourd’hui, pourrait-il être incompétent ?
La manœuvre était transparente : une énième bataille de leadership au sein de l’espace Grand Équateur, cherchant à sacrifier son éminence grise sur l’autel des ambitions personnelles. La commission l’a reconnu : l’accusation était une “mauvaise foi manifeste”. Tout le monde a aujourd’hui l’idée sur les commanditaires. La défense du Professeur Djoli fut implacable, techniquement irréfutable.
Preuve à l’appui, il a démontré qu’il avait non seulement conçu une innovation majeure – l’article 221 exigeant un rapport détaillé du Bureau après chaque session – mais qu’il l’avait aussi scrupuleusement appliquée, présentant les rapports aux dates requises. Ses détracteurs, visiblement plus familiarisés avec les coulisses qu’avec le texte de loi, ont reçu une leçon de droit et d’intégrité.
C’est la fraude qui était jugée ce jour-là, et non le Rapporteur. Cette victoire personnelle n’est qu’un prétexte. L’essentiel est désormais devant lui. Rétabli dans ses fonctions sous les acclamations du Palais du Peuple, Honorable Rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli a pour mandat impérieux de reprendre en main l’ensemble de ses attributions, notamment celle, cruciale, de la communication parlementaire “confisquée” durant cette crise.
Il lui revient d’instaurer une cellule de communication professionnelle, de redorer le blason d’une institution ternie et de restaurer une parole officielle crédible. La page de la politique du “Ôte-toi de là que je m’y mette” est tournée. L’écrasante majorité du vote, rendu à bulletin ouvert, sonne comme un rejet sans appel de ces distractions en temps de guerre.
Alors que l’Assemblée nationale doit à présent se tourner vers l’urgence – l’examen du budget de la nation – la légitimité de Jacques Djoli sort renforcée. Non plus comme un simple rapporteur, mais comme le gardien intransigeant de la loi qu’il a lui-même contribué à écrire. L’institution, finalement, a su se choisir. L’arbre du droit, planté par le législateur, ne peut être abattu par les vents de la cabale.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













