Dans un récent rebondissement de l’affaire Kabund-a-Kabund contre l’État congolais, l’omission de notifier l’arrêt aux parties concernées soulève des questions cruciales sur l’intégrité et l’équité du système judiciaire. D’aucuns font un parallèle avec les conclusions pour le moins pittoresque de l’autopsie de Chérubin Okende annoncées récemment par le procureur général près la Cour de cassation Mvonde Mambu Firmin.
Malgré la prise de décision le 13 septembre 2023, les avocats de Jean-Marc Kabund ont été confrontés au silence assourdissant de la Cour de cassation, mettant en lumière des pratiques potentiellement politiques plutôt que judiciaires. Cette anomalie jette une lumière crue sur une justice à deux vitesses, où les principes fondamentaux de transparence et de respect des procédures sont bafoués.
La nation congolaise se trouve à un carrefour critique où la légitimité du système judiciaire est remise en question. Il est impératif que le peuple exige le respect strict de la loi et la notification formelle de la décision à Jean-Marc Kabund. Une action en justice pour vice de procédure s’avère nécessaire pour dénoncer le caractère essentiellement politique de la sentence rendue.
La jeunesse de la RD Congo doit se mobiliser, car l’avenir du pays dépend de sa capacité à défendre les principes d’équité et de justice. Alors que le président Félix Tshisekedi lui-même a reconnu les maux qui affligent le système judiciaire congolais, il est temps d’agir. C’est justement la justice qui élève une nation. Son instrumentalisation à des fins personnels et politiques par contre l’abaisse.
Une arrestation arbitraire, un chapelet de vices de procédure, un procès expéditif et une condamnation quasi-soviétique sans notification adéquate représentent une atteinte flagrante à la justice et aux droits fondamentaux. On ne peut faire mieux dans le clientélisme et dans l’amateurisme. Certes, la justice congolaise est peut-être malade comme l’a dit Felix Tshisekedi mais cette dernière n’est pas incurable.
Il est impératif que la décision ayant conduit à la condamnation de “Poutine”, le nouveau surnom de Jean-Marc Kabund-a-Kabund, soit annulée et que la vérité éclate au grand jour. En définitive, la libération de Jean-Marc Kabund ne serait pas seulement un acte de justice, mais aussi un symbole d’espoir pour un système judiciaire transparent, équitable et respectueux de la démocratie en RD Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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