Depuis sa nomination en juin 2023, cette femme d’exception à la barre de la CVM a opéré une véritable métamorphose au sein de cette entreprise autrefois en déclin, aujourd’hui en pleine renaissance. Son parcours, ses réalisations et son impact méritent d’être célébrés, non seulement comme un exemple de leadership féminin en RDC, mais aussi comme une preuve tangible que la bonne gouvernance est possible.
Dans un pays où la gestion des entreprises publiques est souvent synonyme de gabegie et d’inefficacité, certaines figures émergent comme des modèles de résilience, de compétence et de dévouement. Madame Jeanne-Blandine Kawanda Walwom, actuelle Directrice Générale de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) et ancienne cadre supérieure de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), incarne cette rare combinaison de rigueur managériale et de vision patriotique.
Son parcours est marqué par l’excellence et le résultat. Son ascension dans l’administration publique est méritée. Avant de prendre les rênes de la CVM, Madame Kawanda Walwom s’était déjà distinguée à la DGDA, où elle a laissé une empreinte indélébile. Sous sa direction, cette institution financière a connu une amélioration notable en matière de recouvrement des recettes et de modernisation des procédures. Son départ avait d’ailleurs été regretté, tant son expertise avait marqué les esprits.
Arrivée à la tête de la CVM en juin 2023, elle avait hérité d’une entreprise en état de coma financier : 29 mois d’arriérés de salaires impayés, un système médical défaillant, sans médicaments ni couverture sociale, des infrastructures vétustes et des dettes fiscales accumulées. Pourtant, là où d’autres auraient reculé, elle a saisi le taureau par les cornes, appliquant une méthode éprouvée : transparence, discipline financière et innovation.
Les réalisations concrètes qui changent la donne
Dès son arrivée, elle a réglé les 2 mois d’arriérés (avril et mai 2023) et réduit progressivement le retard historique, passant de 29 à 23 mois en quelques mois seulement. Désormais, les agents perçoivent leur salaire entre le 25 et le 30 de chaque mois, une première depuis des années. La CVM, qui n’avait plus payé la CNSS depuis 2010, a recommencé à honorer ses obligations sociales, incluant les décomptes finaux et les émoluments de fin de carrière.
Sous son impulsion, la drague “Fatshi” a permis d’ouvrir une nouvelle passe navigable et de stabiliser la profondeur à 26 pieds, sécurisant ainsi le trafic maritime. Mise en place d’un système d’interconnexion entre les ports de Matadi, Boma et Banana, ainsi que l’informatisation des archives et de la gestion courrier. Avec elle, c’est une nouvelle culture d’entreprise qui s’est mise en place : patriotisme et cohésion.
Instauration de l’hymne national chaque lundi pour renforcer la fierté nationale et l’unité parmi les employés, réhabilitation du centre médical, approvisionnement en médicaments et mécanisation des processus de retraite. Face aux détracteurs, elle oppose un leadership inébranlable teinté d’une gestion assumée et justifiée. Certains ont tenté de saper son autorité, l’accusant de privilèges indus ou de négligence.
Pourtant ses avantages salariaux sont strictement conformes aux décrets présidentiels (Décret n°13/055 et n°23/055). Sa présence prolongée à Kinshasa est justifiée par la nécessité de négocier avec les institutions centrales pour redresser la CVM. Elle rappelle avec justesse que “ce n’est pas en quelques mois que l’on redresse une structure en coma depuis des années”. Son approche méthodique et patiente a déjà porté ses fruits.
Un modèle à suivre pour la RDC
Madame Jeanne Blandine Kawanda Walwom est bien plus qu’une dirigeante : c’est une bâtisseuse. En moins de deux ans, elle a stabilisé les finances de la CVM, modernisé ses infrastructures, redonné espoir à ses employés et renforcé la souveraineté maritime congolaise. Dans un contexte où peu croient encore aux entreprises publiques, elle prouve que avec compétence et intégrité, le redressement est possible.
La RDC gagnerait à multiplier les profils comme le sien : des leaders pragmatiques, intègres et visionnaires. Il est temps que la nation reconnaisse et célèbre celles et ceux qui, comme elle, travaillent en âme et conscience pour le bien-être collectif. Oui, en RDC, il existe des femmes mais aussi des hommes qui obtiennent des résultats. Elle en fait partie. Son leadership a mis la CVM en marche et permet à la RDC de faire un pas en avant.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













