Et si c’était un péché originel ou une deveine d’être le petit-frère biologique d’un musicien d’aussi charismatique que fut Emeneya jean Mubiala “Kester, le King, le bachelier, le grand Kisimbi, le pétrolier, mutu wa zamani, le grand Melacampe, Evala Malakoze etc”. Joly Mubiala Bakiamen “le cerveau mélopée ” a grandi dans l’ombre de son célèbre grand-frère avec qui, il ressemblait comme deux gouttes d’eau physiquement et artistiquement, son pendant et “sparring-partner” artistique.
Un homme très effacé et moins charismatique. Ils avaient toujours cheminé ensemble depuis le début de leur carrière dans l’orchestre les “Anges Noirs” de Kikwit dans leur terroir avant de se séparer pour raisons d’études et de se retrouver plus tard dans l’orchestre “Viva la Musica” à Kinshasa de l’icône de la musique congolaise Shungu Wembadio “Papa Wemba” début des années 1980.
Dans Viva la Musica, Joly Mubiala va retrouver son grand-frère le très charismatique Emeneya Kester qui brillait des mille feux. Il fera partie des 12 apôtres qui iront créer l’orchestre “Victoria Eleison” en décembre 1982. Emeneya Kester avait besoin de la voix-baryton de son petit- frère Joly Mubiala plus pour le suppléer en cas de fatigue de ses cordes vocales que pour le besoin de la cause.
Raison pour laquelle Joly Mubiala fera un passage-éclair dans l’orchestre Choc-Stars de Ben Nyamabo avant de rallier l’Europe et faire à nouveau partie intégrante de l’orchestre Viva la Musica. Son album “Cadeau d’amitié”, un album intemporel et anthologique. Des années après, il embrassera la foi chrétienne en abandonnant la musique mondaine pour celle consacrée en Jésus-Christ.
D’après une certaine rumeur, son grand-frère Emeneya qui préparait son dernier album “This is me” fera appel à ses services pour venir chanter mais qui aura une fin de non-recevoir pour des raisons évoquées ci-haut. Le même Joly Mubiala qui, en février 2014 à la surprise générale après les obsèques de son frère, fera un retour fracassant dans la musique mondaine poussé par la ferveur populaire après avoir égayer les nostalgiques de Victoria Eleison de la belle époque à l’issue de l’enterrement de son illustre frangin.
La tentation alors fut très grande ? Un reniement de sa foi chrétienne ? Il sera à nouveau tenter de poursuivre l’œuvre laissée par ce dernier en essayant de ressusciter l’orchestre Victoria Eleison et le faire renaître de ses cendres. Victoria, un nom très disputé aujourd’hui encore entre les innombrables héritiers putatifs d’Evala malakoze. Et au final aucun Victoria Eleison n’émerge jusqu’à présent 10 ans après la mort d’Emeneya.
Des jeunes moins talentueux qui se réclament tous comme étant des’’Kesteriens’’,et qui oublient qu’on ne devient pas un héritier de l’immense Kester en portant des blousons en cuir, en parlant du ’’Langila’’ et ni en boudant les autres en étant très loquace devant les micros. Être un héritier de Kester Emeneya c’est avant tout avoir une tête bien faite et savoir maîtriser l’art musical.
En tout cas quant à moi, s’il s’agirait de choisir un véritable héritier de Kester parmi toute cette foultitude d’héritiers musiciens, seul Joly Mubiala Bakiamen serait mon choix le plus naturel et le plus méritant. Mais une chose est certaine: l’étoffe de leader laissée par Emeneya Kester est plus grande pour Joly Mubiala de la porter.
Dary Abega / Lobjectif.net













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