Dans une manœuvre aussi surprenante que regrettable, Joseph Kabila, autrefois surnommé « le taiseux », s’est récemment aventuré sur la scène médiatique avec une déclaration qui n’est rien de moins qu’un acte d’aveu scandaleux. Poussé par Félix Tshisekedi à rompre son mutisme proverbial, Joseph Kabila a fini par dévoiler une affligeante complicité avec le Rwanda.
Le même Rwanda, dirigé par Paul Kagame, accusé de tuer nos jeunes gens, de violer nos femmes, de piller nos terres riches en minerais, et de massacrer nos populations civiles avec une impunité apparente. Sous le masque d’une déclaration anodine, le président honoraire Joseph Kabila Kabange a sans doute scellé un pacte tacite avec le bourreau d’une nation en détresse.
Alors que les cris des familles endeuillées résonnent encore, sa prise de parole marque une trahison éclatante, une renonciation à tout ce qui est cher et sacré. Toute sa promesse de protection et de paix en tant que Chef de l’Etat de la RDC de janvier 2001 à décembre 2018 n’aura été qu’un souffle éphémère, balayé par le vent des intérêts personnels et des alliances douteuses.
La sortie de ce silence de marbre ne pouvait pas être plus mal venue. Aurait-il autant d’ardeur à reprendre la parole si ce n’était pour se complaire dans un aveu de collaboration avec l’un des régimes les plus controversés de la région ? Visiblement, dans son esprit tortueux, les liens obscurs priment sur les cris désespérés de son propre peuple. Ce peuple qu’il aspire encore sans nul doute à diriger.
Pendant que Joseph Kabila persiste dans sa danse macabre d’allégeance, les Congolais continuent de payer le prix fort, enfermé dans une spirale infernale de violence et d’exploitation. À travers cette sortie publique, c’est un Joseph Kabila démasqué qui nous est apparu. Il n’est pas seulement celui qui s’est tu dans les moments essentiels. Celui qui aura encouragé et orchestré des trahisons macabres.
Il est désormais celui qui, en pleine lumière, trahit ceux qu’il prétendait servir. Une parole qui n’aura apporté ni répit ni espoir, mais qui marquera, espérons-le, le début d’une prise de conscience collective. Un réveil face à une classe politique souvent complice et silencieuse. Que cet aveu apparent ne soit pas la fin, mais plutôt l’élément déclencheur d’une véritable révolution populaire.
Une rupture totale et irréversible, pendant laquelle la voix du peuple, celle des victimes et de ceux qui aspirent à la paix, se dressera pour dire non à ces alliances insidieuses. La République démocratique du Congo mérite mieux. Et elle l’obtiendra lorsque ses citoyens, armés de courage et de détermination, exigeront la responsabilisation de ceux qui ont échoué à la protéger.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













