Lorsque Madame Juliette Mbambu Mughole a pris les rênes de la CADECO (Caisse d’Épargne du Congo), elle a hérité d’une institution financière moribonde, techniquement en état de liquidation avancée. Les caisses étaient vides, la confiance des clients érodée, et les audits révélaient un taux de conformité désastreux de 20%.
Pourtant, contre toute attente, en un temps record, elle a non seulement sauvé la CADECO de la faillite, mais elle en a fait un modèle de bonne gouvernance, une institution transparente, performante et tournée vers l’émergence d’une classe moyenne congolaise. Aujourd’hui, alors qu’elle passe le relais à ses successeurs (Monsieur Célestin Mukeba le nouveau DG et ancien DG de la BCDC-Equity et Madame Malangu Kabedi précédente Gouverneure de la BCC et actuelle PCA), une question légitime se pose :
“Une dirigeante aussi exceptionnelle mérite-t-elle d’être écartée après un tel sacrifice pour la nation ? N’est-elle pas, paradoxalement, victime de sa propre réussite et de son engagement pour la bonne gouvernance ?” La CADECO héritée alors par Juliette Mbambu Mughole était une institution en phase terminale, volontairement plongée dans une situation catastrophique avec une trésorerie exsangue.
Des recettes détournées, des dettes accumulées, une gestion opaque. Un taux d’audit désastreux (20%) révélant des failles béantes dans la gouvernance et une clientèle en fuite, méfiante face à une institution en déliquescence. Était-ce une Mission Impossible ? Nombreux étaient ceux qui pensaient que la CADECO était condamnée. Pourtant, là où d’autres auraient abandonné, Juliette Mughole a vu une opportunité de renaissance.
Juliette Mbambu Mughole a mis en place une gouvernance rigoureuse et transparente avec un audit renforcé (passage de 20% à plus de 90% de conformité), une traçabilité intégrale des recettes, des sanctions des détournements et fermeture des canaux de fraude et une digitalisation des processus pour éliminer les intermédiaires corrompus. Et les résultats économiques ont été spectaculaires.
Il y a eu une augmentation significative des recettes grâce à une gestion rigoureuse, un retour de la confiance des clients, avec une hausse des dépôts et des investissements mais aussi une stabilisation financière, évitant une liquidation coûteuse pour l’État. Madame Juliette Mbambu Mughole, forte d’un engagement pour la création d’une classe moyenne congolaise a mis en place une stratégie d’inclusion bancaire.
La CADECO est redevenue un outil de développement économique, facilitant l’accès au crédit pour les PME et les entrepreneurs congolais. La CADECO transmise par Madame Juliette Mbambu Mughole à Monsieur Célestin Mukeba est un héritage solide qui a un avenir prometteur, une institution sauvée et dynamisée. D’ailleurs, il a fallu un ancien DG de la BCDC et une ancienne Gouverneure de la banque centrale du Congo pour la remplacer.
Pourquoi ? Parce que la CADECO a aujourd’hui une base financière saine, prête pour l’expansion, une équipe managériale renforcée, formée aux meilleures pratiques et une réputation restaurée, faisant de la CADECO un symbole de résilience. Le défi des successeurs ? Célestin Mukeba (BCDC-Equity) et Malangu Kabedi (BCC) héritent d’une institution stabilisée et en croissance. Leur mission ? Poursuivre l’œuvre de modernisation sans revenir aux anciennes dérives.
Juliette Mughole est-elle une victime de sa propre réussite ? Elle a peut-être une reconnaissance méritée mais a tout de même subi un départ prématuré. Son passage à la CADECO prouve son expertise, son intégrité et son dévouement. Pourtant, son départ soulève des interrogations. Pourquoi écarter une dirigeante aussi compétente ? La bonne gouvernance est-elle devenue un handicap dans un système où les intérêts opaques dominent ?
Aujourd’hui Directrice Générale Adjointe de l’IMNC (Institut des Musées Nationaux du Congo), elle apporte son savoir-faire dans un nouveau secteur stratégique. Une chose est sûre : partout où elle passe, Juliette Mughole laisse une empreinte indélébile. Elle est une légende vivante du management public avec un avenir radieux. Juliette Mbambu Mughole a réalisé l’impensable : ressusciter une institution morte.
Son héritage à la CADECO est celui d’une gestion rigoureuse, d’une vision claire et d’un engagement sans faille pour le Congo. Le vrai leadership ne se mesure pas aux postes occupés, mais aux institutions transformées. La nation congolaise lui doit gratitude, et l’histoire retiendra son nom parmi ceux qui ont redonné espoir au secteur financier congolais mais aussi à la gestion des institutions publiques.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













