Joseph Kabila et Fortunata Ciaparrone ont transformé le Congo en leur casino privé. Pendant 18 ans, Joseph Kabila a dirigé la RDC comme un caïd gérant son fief, un règne de kleptomanie institutionnalisée, avec une audace criminelle qui ferait rougir les pires despotes. Sous son règne, le Congo n’a pas seulement été un “État failli”– il est devenu un laboratoire de pillage méthodique.
Un pays, où les caisses publiques servaient de tirelire pour une élite vorace. Transparence Internationale classait systématiquement le pays parmi les plus corrompus au monde, juste derrière la Corée du Nord et la Somalie. Un exploit macabre pour un pays assis sur 15 milliards de dollars de réserves pétrolières et 70 % du cobalt mondial. Le monde découvre aujourd’hui l’histoire de Tina Fortunata Ciaparrone.
Cette femme entrepreuneure italienne est une des marionnettes du réseau Kabila. Au cœur de ce système, elle est devenue PDG fantoche mais elle est en réalité la cheville ouvrière d’un montage financier digne d’un thriller mafieux. Dans des vidéos divulguées, elle explique sans vergogne comment elle sert de prête-nom à Joseph Kabila : “En réalité, 25 % est à Kabila”, avoue-t-elle, détaillant un réseau de sociétés-écrans (SOGEMIP, CIIG, SOTEXKI) où l’ex-président détient des parts occultes.
Leur chef-d’œuvre ? Une transaction fictive avec LIU Resources pour blanchir 8 millions de dollars en 24 heures. “SOGEMIP est entré et sorti le même jour”, raconte Fortunata Ciaparrone, comme on décrit un tour de passe-passe . Pendant que les Congolais survivent avec 50 dollars par mois, ce duo siphonnait des blocs pétroliers valant 15 milliards – dont les concessions Nganzi (2 milliards de barils) et Yema (800 millions).
SOGEMIP serait la pieuvre économique du Clan Kabila. Derrière les discours sur la “reconstruction”, SOGEMIP est l’arme absolue du pillage. Cette société, présentée comme un acteur minier légitime, contrôle en réalité des champs pétroliers produisant 10 000 barils/jour avec PERENCO et ENI. Des mines de cobalt et cuivre à Lualaba, épicentre de l’exploitation minière artisanale (et des violations des droits humains).
Un réseau bancaire parallèle via BGFI, où la sœur de Kabila, Gloria Mteyu, détenait 40 % des parts. Résultat ? Entre 2013 et 2018, 140 millions de dollars ont été détournés via BGFI, selon l’enquête Congo Hold-Up . Des transferts aussi subtils qu’un coup de bulldozer : Sud Oil, une coquille vide détenue par la famille Kabila, a reçu 86 millions de fonds publics sans aucune contrepartie. Le génie de Joseph Kabila ?
Avoir transformé l’État en machine à blanchir avec l’impunité comme mode de gouvernance. Trois mécanismes clés : la militarisation de la corruption. Les généraux volent, donc ils restent loyaux. Un ancien ministre résume : “Vous avez des armes, vous n’avez pas besoin de salaire”. L’étouffement judiciaire : Malgré les preuves accablantes (vidéos, fuites bancaires), aucune poursuite.
Même aujourd’hui, Joseph Kabila parade à Goma sous protection du M23, un groupe armé qu’il finance selon l’ONU. La complicité internationale : Des hedge funds comme Och-Ziff ont versé 100 millions de pots-de-vin pour des concessions minières. Le cauchemar continue en RDC avec Joseph Kabila, le RDF/M23 et la trahison ultime. Aujourd’hui, le cynisme atteint son paroxysme.
Alors que la RDC accuse Joseph Kabila de “trahison et crimes de guerre” pour son soutien au RDF/M23, l’ex-président ose se poser en défenseur de la démocratie depuis Goma, ville occupée par ces mêmes rebelles. Un coup de théâtre grotesque : le pillard accuse son successeur d’être un dictateur, pendant que ses milices rwandaises massacrent à l’Est. La question n’est plus “Que savait Joseph Kabila ?”, mais “Que faisons-nous ?”.
Les preuves sont là : Vidéos de Furtanata Ciaparrone, fuites bancaires et aveux d’ex-rebelles. Pendant ce temps, 12 millions de Congolais sont morts sous les Kabila père et fils, et l’Est brûle. La communauté internationale, complice par son silence, doit choisir : continuer à fermer les yeux ou saisir les 15 milliards volés. Dans un pays où un enfant meurt toutes les 30 secondes de malnutrition, Kabila et Ciaparrone ont joué à Monopoly avec le sang des Congolais. L’histoire jugera – mais le Congo, lui, n’a plus le temps d’attendre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













