Le régime de Kigali, passé maître dans l’art du mensonge d’État, vient d’offrir au monde une nouvelle preuve de son amateurisme en matière de propagande. Dans une déclaration qui fera date dans les annales du ridicule diplomatique, le Ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, affirme que la dernière attaque des FDLR sur le sol rwandais remonte au 26 janvier 2025.
Coïncidence troublante et ô combien révélatrice : c’est précisément à cette même date que les colonnes de l’armée rwandaise (RDF) franchissaient massivement la frontière pour envahir la ville de Goma, semant la mort et la désolation. Le calcul est aussi grossier que cynique : tenter de justifier a posteriori une guerre d’agression illégale par une prétendue menace sécuritaire qui, selon leurs propres aveux, s’était éteinte le matin même de l’invasion.
Cette chronologie ubuesque pose une question à laquelle même les plus fervents avocats du régime Kagame ne peuvent répondre : comment des soldats rwandais peuvent-ils être en train de bombarder les quartiers de Goma pour “neutraliser les FDLR” alors que, selon les dires du ministre Nduhungirehe, ces mêmes FDLR étaient simultanément en train de raser 200 maisons à Rubavu ? À moins que les soldats de la RDF ne soient dotés du don d’ubiquité, une seule vérité s’impose : le prétexte des FDLR est une vaste supercherie, un rideau de fumée destiné à masquer le véritable agenda du Rwanda : le pillage systématique des ressources minières du Nord-Kivu sous couvert de la marionnette terroriste du RDF/M23.
Le Gouvernement congolais a bien raison de dénoncer cette inversion accusatoire où l’agresseur tente pathétiquement de se faire passer pour une victime. Le Gouvernement de la RD du Congo ne se laissera pas distraire par ces contes pour enfants mal racontés. Cette incohérence patente dans la communication de Kigali est une aubaine pour la diplomatie congolaise ; elle démontre, preuves à l’appui, que le narratif sécuritaire rwandais n’est qu’une construction branlante destinée à tromper une communauté internationale trop souvent complaisante.
Kinshasa continuera de combattre sur le terrain militaire pour libérer chaque parcelle du territoire national, tout en démontant, une à une, les allégations mensongères des va-t-en-guerre de Kigali. La vérité est têtue : on ne peut pas à la fois prétendre subir une attaque transfrontalière et lancer une offensive blindée sur une capitale provinciale étrangère. L’un des deux événements n’a tout simplement jamais eu lieu.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












