Lors de la 2ᵉ Conférence sur les Mines à Kindu, le Directeur Général du CAMI a esquissé les contours d’un avenir prospère, transformant le potentiel géologique en destin économique pour sa province natale. Du 3 au 5 novembre 2025, Kindu n’était pas seulement le chef-lieu du Maniema ; elle en était le cœur battant et le cerveau stratégique.
C’est dans cette ville-carrefour, au bord du fleuve Congo, que s’est tenue une conférence dont les échos pourraient bien redéfinir le destin économique de toute une région. Et au centre de cette effervescence, une figure a captivé l’auditoire : M. Popol Mabolia Yenga, Directeur Général du Cadastre Minier (CAMI). Loin du discours technique et administratif souvent attendu, son intervention a été un vibrant plaidoyer.
Une feuille de route audacieuse pour révéler au monde les trésors encore dormants du Maniema. Devant un parterre d’acteurs publics, privés et d’experts, M. Mabolia Yenga, en panéliste avisé, a d’abord dressé un « état des lieux » sans concession. Son constat ? Le Maniema, terre riche en minerais, souffre d’un paradoxe criant : son sous-sol regorge de potentialités qui ne sont pas traduites en prospérité tangible pour ses populations.
Avec la conviction d’un natif de la province qui connaît ses atouts et ses défis, il a mis en lumière ce « patrimoine encore largement sous-exploité », une expression qui résonne comme un appel à corriger une injustice économique. La première pierre angulaire de sa vision est la recherche géologique renforcée. Pour M. Mabolia Yenga, on ne peut valoriser ce que l’on ne connaît pas.
Il a ainsi plaidé pour une cartographie approfondie du sous-sol maniémarais, un préalable essentiel pour passer de la rumeur de richesse à la certitude exploitable. Améliorer la connaissance du sous-sol, a-t-il affirmé, n’est pas qu’une question scientifique ; c’est le sésame pour attirer des investissements responsables, c’est-à-dire des partenaires qui voient au-delà du profit immédiat et s’engagent dans un développement durable.
Mais l’intervention du patron du CAMI est allée bien au-delà du diagnostic. Elle a proposé des solutions structurelles et transformatrices. Deux projets phares ont été au centre de son allocution. La création d’une société minière provinciale : Une initiative audacieuse qui vise à doter le Maniema d’un instrument de souveraineté économique. Cette entité, ancrée localement, aurait pour mission de valoriser directement les ressources.
De capter une plus grande part de la valeur créée et de garantir que les retombées bénéficient en priorité aux communautés locales. La relance du projet de fonderie d’étain MMR-SAKINA : Présenté comme un « tournant décisif », ce projet est la clé de voûte de la transformation locale. Au lieu d’exporter des matières premières brutes, le Maniema pourrait ainsi transformer son étain sur place.
Il créerait une chaîne de valeur industrielle, des emplois qualifiés et une plus grande richesse. La clôture de la conférence sur « une note d’espoir » n’est pas un simple cliché. Elle acte la naissance d’une synergie renforcée entre les autorités, les opérateurs économiques et les institutions techniques comme le CAMI. L’objectif commun est clair et fédérateur : “faire du secteur minier un levier de développement durable pour le Maniema et pour la RDC”.
L’intervention de Popol Mabolia Yenga à Kindu marque un moment charnière. Elle incarne le passage d’une gestion administrative du secteur minier à une véritable stratégie de développement territorial. En plaçant la barre si haut pour sa province, le Directeur Général du CAMI ne fait pas seulement son travail ; il honore une responsabilité, celle de transformer le potentiel minier en héritage prospère pour les générations futures du Maniema. Le compte à rebours pour une renaissance minière est lancé.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













