La République démocratique du Congo s’apprête à écrire une page glorieuse de son histoire culturelle avec le premier Festival Mondial de la Musique et du Tourisme, du 16 au 18 juillet 2025 à Kinshasa. C’est maintenant que la rumba congolaise, patrimoine culturel mondial, devient un passeport pour la renaissance africaine.
Annoncé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo lors du 47e Conseil des ministres à Kolwezi, cet événement, placé sous le thème “La Route de la Rumba”, ambitionne de faire de la RDC un carrefour mondial où musique et tourisme deviennent les fers de lance d’une diplomatie culturelle audacieuse. Kinshasa devient donc la capitale mondiale de la créativité.
Organisé en partenariat avec l’ONU Tourisme, ce festival n’est pas qu’une célébration artistique : c’est une stratégie géopolitique pour redéfinir l’image d’un pays trop souvent réduit à ses crises. La RDC a besoin de guérir par l’image. Ce festival est une offensive de charme pour montrer au monde notre richesse culturelle et notre potentiel touristique inexploité. Le choix de Kinshasa comme hôte est un symbole fort.
Ville créative de l’UNESCO pour la musique depuis 2015 et berceau de la rumba congolaise (classée patrimoine immatériel en 2021), la capitale incarne la résilience et la vitalité culturelle du continent. “La rumba n’est pas qu’une musique, c’est un pont entre l’Afrique, les Amériques et le monde”, a souligné le Président Tshisekedi, rappelant son rôle historique dans la diaspora africaine.
Au programme : concerts mythiques mettant à l’honneur la rumba, le ndombolo, et des fusions inédites avec des artistes internationaux, un village culturel où se mêleront gastronomie congolaise, artisanat et découverte des parcs nationaux comme les Virunga (dont on célèbre le 100e anniversaire en 2025) et des forums économiques sur le tourisme musical, les droits d’auteur et l’intégration africaine.
Avec la participation confirmée du Secrétaire général de l’ONU Tourisme, Zurab Pololikashvili, ce festival est une vitrine pour l’Afrique et un défin pour la RDC. Ce festival est bien plus qu’un spectacle : c’est un levier de développement. Avec des délégations attendues de 10 pays (dont la Chine, le Brésil, et l’Afrique du Sud), l’événement vise à attirer les investisseurs en exposant les opportunités touristiques (parcs, fleuve Congo, sites historiques).
Générer des revenus durables via l’industrie créative, un secteur où la RDC excelle mais peine à monétiser pleinement et effacer les stéréotypes en offrant une narration alternative à celle des conflits. Pourtant, les défis restent immenses. Certains citoyens critiquent le timing, alors que le pays traverse des crises socio-économiques. Un festival ne nourrit pas le peuple.
Mais pour Yolande Elebe, ministre de la Culture, “la culture est un antidote à la violence et un moteur économique. Ce festival montrera que la RDC est une nation debout”. La RDC est en mode soft power. En orchestrant ce festival, la RDC ne célèbre pas seulement sa musique : elle réinvente son rôle sur la scène mondiale. À l’heure où l’Afrique devient un laboratoire de renaissance culturelle, Kinshasa se pose en capitale de cette effervescence.
Le monde découvrira que notre pays n’est pas seulement le cœur géographique de l’Afrique, mais aussi son âme artistique. Reste à savoir si cet éclat sera éphémère ou s’il marquera le début d’une nouvelle ère pour un pays déterminé à briller par sa culture autant que par ses ressources naturelles. (Événement à suivre en direct sur www.lobjectif.net – Inscriptions ouvertes jusqu’au 27 juin 2025.)
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













