La pluie a encore frappé. Cette fois, elle a emporté l’innocence à la mort. Alors qu’il a plu dans la soirée du jeudi, au quartier Hérady, dans la commune de Selembao, un mur s’est effondré sur un groupe d’enfants réfugiés dans un hangar. Six d’entre eux, tous mineurs, ont été ensevelis vivants. Aucun n’a survécu. Une famille décimée. Un drame insoutenable.
Une tragédie de plus dans une capitale où les pluies ne surprennent plus personne sauf les autorités. Kinshasa ne pleure pas simplement des victimes, mais des vies fauchées par l’indifférence et le manque de prévoyance.
Le mur en question, fragilisé par des pluies diluviennes, n’aurait jamais dû céder. Il n’aurait jamais dû menacer une maison voisine. Mais dans une ville sans politique d’aménagement urbain digne de ce nom, où les caniveaux débordent et les collines s’effondrent, le pire devient le quotidien de la population.
Pour ces dégâts, à Mont-Ngafula, des avenues sont impraticables. Dans d’autres communes, les routes sont éventrées, des maisons inondées, des quartiers entiers coupés du monde. Pendant que les Kinois pataugent dans la boue, l’État se contente de dresser des bilans.
Ephra Kimuana













