La RDC est un pays contraste. La misère côtoie la richesse, l’ignorance cohabite avec la sagesse, la joie tend la main à la tristesse…
Le peuple congolais est un peuple dont le comportement suscite beaucoup d’interrogations. Ce peuple qui, à une petite occasion (anniversaire, diplôme, première communion…) organise des fêtes dépassant follement l’argent qui lui provient des sources autorisées et non autorisées. Peut-être il est vrai que pour ceux qui voient dans ce comportement un refoulement étant donné que le peuple dans sa grande majorité est misérable et frustré ?
Cela devient une habitude, le diplôme d’Etat, de graduat ou de licence est fêté d’une façon spectaculaire. Au niveau des humanités, les lauréats se font asperger la poudre sur la tête et montent dans des véhicules en poussant des cris de joie, qui étonne le commun de mortels. Cette manière de se réjouir frôle la délinquance juvénile. Par contre, les échoués se rendent dans leurs écoles respectives, saccager le bureau du préfet des études ou rosser copieusement le préfet des études ou l’inspecteur qui leur a promis la réussite moyennant une somme d’argent appelée ‘‘Droit de suivi’’.
Mort du système éducatif congolais
La même manière de se réjouir de sa réussite a fait irruption au niveau des instituts supérieurs e universités. Chaque lauréat se fait coudre des uniformes et loue qui, une ‘‘combi’’ qui des voitures pour faire déplacer les membres de sa famille et les amis jusqu’au lieu de la cérémonie. Après la manifestation, une soirée dansante est organisée familiale ou dans un bar pris en location. Cette manière de fêter son diplôme en faisant beaucoup de bruits fait réfléchir dans la mesure où aujourd’hui tout le monde déplore la baisse sensible du niveau d’enseignement et certaines personnes parlent même de la mort du système éducatif congolais. En plus, la rue est consciente, que les instituts supérieurs et universités sont devenus des ‘‘ des usines’’ des productions’’ de chômage.
Marcher à contre-courant
D’ailleurs, pour décrocher son diplôme au niveau des humanités, au supérieur et universitaire, plusieurs moyens sont utilisés par les élèves et les étudiants. Parmi ces moyens, les uns sont autorisés (études) et les autres non autorisés (corruption, tribalisme, mercenariat points sexuellement transmissibles, branchement, laboratoire…)
Personne ne peut reprocher à ceux qui ont réellement mérité leur réussite de se réjouir, d’autant plus que les études en RDC deviennent un chemin de croix à cause des dépenses occasionnées et les années académiques élastiques. Par contre, ceux qui ont utilisés les moyens non autorisés ont-ils raison de fêter de cette manière-là ? Faire beaucoup de bruits autour d’un diplôme non mérité est une forme autorisée de fêter sa ‘‘réussite-échec’’.
Pourquoi cette manière de fêter son diplôme devient –elle générale et obligatoire ? Il semble que dans la société congolaise, être différent, c’est mal agir. C’est pourquoi tout le monde fait comme tout le monde, marche au pas de tout le monde, réfléchit comme tout le monde. Le slogan fétiche ‘‘tout le monde le fait’’ bloque toute initiative personnelle, morale qu’intellectuelle. La reconstruction du Congo est entre les mains de ceux qui n’ont pas peur d’être différent de la mentalité générale actuelle, c’est-à-dire de marcher à contre-courant.
LONGIN KIZOBO LANGH













0 Comments