Kinshasa, autrefois perle de la République démocratique du Congo, n’est plus qu’une décharge géante sous la gouvernance calamiteuse d’un homme dont l’unique exploit reste d’avoir réussi, contre toute logique, à se hisser à un poste qu’il n’aurait jamais dû approcher. La ville-province, livrée à elle-même, croule sous les immondices, les routes défoncées et l’indifférence crasse d’une administration fantôme.
Comment un tel naufrage a-t-il pu être autorisé ? Comment un individu aussi manifestement inapte dans la gestion d’une infime administration a-t-il pu s’imposer comme fossoyeur en chef d’une mégapole de plus de 20 d’habitants à l’occurrence, la capitale d’un pays aussi stratégique et siège des institutions ? Circuler dans la capitale, c’est s’apercevoir des affres d’une gestion digne d’un canular.
Cela pouvait amuser si ce n’était pas tragique. Promenez-vous dans Kinshasa aujourd’hui, et vous comprendrez immédiatement le chef-d’œuvre de négligence érigé par Monsieur le Gouverneur : Des montagnes d’ordures qui jalonnent les artères, comme si la ville était un immense terrain vague. Des avenues défoncées, truffées de nids-de-poule si profonds qu’ils pourraient servir de bassins d’orage (si tant est que quelqu’un y avait pensé).
Des places publiques, jadis symboles de fierté, cédées aux étrangers, tandis que les Congolais se contentent de contempler, impuissants, la déchéance de leur propre ville. Kinshasa n’est plus une capitale, c’est un mouroir urbain. Et son Gouverneur ? Il parade en cortège motorisé, évitant soigneusement de poser son regard sur les ruines qu’il a contribué à créer.
Le plus sidérant dans cette débâcle, ce n’est pas l’échec, mais l’absence totale de honte élevée en art de ne rien faire mais avec arrogance. Alors que les Kinois étouffent sous les détritus, que les eaux stagnantes deviennent des foyers de maladies, que l’insalubrité atteint des sommets jamais égalés, l’homme qui devait diriger la ville se comporte comme un touriste de passage.
Où sont les projets d’assainissement ? Fantômes. Où sont les investissements dans les infrastructures ? Disparus. Où est la vision pour une Kinshasa moderne ? Inexistante. Son bilan ? Un désert urbanistique, une administration paralysée, et une population abandonnée à son sort. Pourtant, contre toute attente, il reste en place. Pire, il consolide son inaction par une armée de communicateurs qui pérorent dans les médias.
Cet homme, certainement protégé par un système qui récompense l’incompétence tant qu’elle sait se montrer docile, compte terminer son mandat en 2029. Kinshasa mérite-t-elle ça ? La réponse est non. Kinshasa mérite des dirigeants qui la respectent, qui l’aiment, qui œuvrent pour sa grandeur. Pas des opportunistes qui voient dans leur fonction un simple tremplin pour des combines et des privilèges.
Les Kinois ne demandent pas grand-chose : Des rues propres, des routes praticables et un cadre de vie décent. Mais visiblement, c’est trop demander à une administration qui préfère les discours creux aux actions concrètes. Les derniers événements survenus ce week-end dans la capitale ont amplifié la perception de ceux qui feignaient de ne rien voir. Enfin, l’heure du réveil a sonné. Il est temps de dire assez.
Assez de cette gabegie, de cette incurie, de ces dirigeants qui transforment Kinshasa en poubelle à ciel ouvert. Le gouverneur actuel n’est pas à la hauteur ? Qu’il parte. Le système protège les incompétents ? Que le président le brise. Kinshasa ne sera plus la risée de l’Afrique. Elle doit redevenir la fierté des Congolais. Et cela commence par exiger des comptes à ceux qui l’ont plongée dans ce chaos.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













