Dans un contexte de conflit régional complexe opposant la République Démocratique du Congo au Rwanda et à l’Ouganda qui soutiennent des groupés sur le territoire congolais, une décision surprenante fait grand bruit : l’acquisition par les Forces Armées de la RDC de blindés “STREIT” fabriqués en Ouganda.
Alors que les tensions entre ces pays voisins atteignent des sommets et que chaque choix stratégique revêt une importance cruciale, l’annonce de l’achat de ces véhicules blindés “Made in Uganda” suscite une vague de controverses et de questionnements au sein de la population congolaise. Renflouer les caisses des agresseurs qui tuent nos populations est un acte cynique.
D’une part, certains voient en cette acquisition une initiative audacieuse visant à renforcer la capacité de défense des FARDC face à des menaces extérieures grandissantes. Les partisans de cette décision soulignent la qualité des équipements STREIT et mettent en avant la nécessité pour la RDC de se doter des meilleurs moyens pour protéger sa souveraineté.
Cependant, de nombreux observateurs, politiciens et citoyens s’interrogent sur les motivations réelles derrière ce choix validé, selon certaines sources militaires, par Jean-Pierre Bemba alors VPM à la défense. Comment expliquer que les autorités congolaises aient opté pour des blindés fabriqués en Ouganda, un pays directement impliqué dans le conflit qui oppose la RDC au Rwanda et à l’Ouganda ?
Cette décision soulève des craintes quant à une potentielle ingérence étrangère dans les affaires internes de la RDC et remet en question l’indépendance et la souveraineté du pays. De plus, le fait que ces blindés aient été assemblés par la branche commerciale des Uganda People’s Defence Forces (UPDF) soulève des inquiétudes quant à la fiabilité et à l’impartialité de ces équipements.
La transparence et la légitimité de cette transaction sont également remises en cause, alimentant un sentiment de méfiance et de suspicion parmi la population congolaise. L’acquisition des blindés STREIT par les FARDC soulève des questions cruciales sur la sécurité nationale, la politique étrangère et l’indépendance de la République Démocratique du Congo.
Alors que le pays est plongé dans un conflit aux enjeux multiples, il est impératif que les autorités justifient leur choix et clarifient les circonstances entourant cette décision controversée. Le nationalisme est une attitude de défense rendue nécessaire par la faiblesse de l’état. La morale est une arme contre les crimes qui ont déjà été commis
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













