Il est révoltant de constater à quel point la scène politique congolaise est devenue le théâtre d’une danse grotesque orchestrée par certaines autorités autour du Chef de l’État Félix Tshisekedi. Ce phénomène, qui frôle le ridicule, met en lumière une manie inquiétante : celle de suivre le Président comme des ombres, dans une quête désespérée d’approbation et d’applaudissements.
Loin d’être une simple curiosité, cette tendance à mobiliser des responsables de services et autres animateurs institutionnels pour accueillir le Chef de l’État lors de ses déplacements est symptomatique d’une inaction chronique. Au lieu de se concentrer sur des politiques publiques efficaces et de répondre aux véritables besoins de la population, ces dignitaires préfèrent se vautrer dans des démonstrations de loyauté.
Ils s’activent à rassembler des badauds, comme si cette simple action pouvait masquer leurs manquements et servir de bilan à leur gestion. Mais à quel prix ? Cette danse du ventre coûte cher à l’État. Les dépenses engendrées par ces mobilisations sont exponentielles, siphonnant les ressources publiques déjà limitées et bloquant l’administration par des absences intempestives des responsables.
De la logistique à la sécurité, chaque déplacement du Président devient une véritable fête nationale, où l’argent des contribuables est dilapidé dans des opérations dont l’impact sur le quotidien des Congolais reste plus que discutable. Et que dire des conséquences sur le logement ? Dans certaines régions, la présence de ces cortèges pompeux rend la vie des habitants insupportable.
Elle transforme des villes entières en véritables zones de chaos temporaire. Il est temps de remettre les pendules à l’heure. Cette obsession pour le culte de la personnalité et cette propension à se rassembler autour du Chef de l’État ne sont pas seulement des pratiques démodées, elles sont dangereuses. Elles entretiennent un climat de complicité où l’inertie devient la norme.
Les véritables enjeux du pays, tels que la santé, l’éducation et l’économie, sont relégués au second plan pendant que les autorités se battent pour être vues dans le sillage du Président. La situation actuelle appelle à une réflexion profonde sur la manière dont les responsables politiques envisagent leur rôle. Être vus partout à côté du Chef de l’État ne peut pas être considéré comme un bilan.
Au lieu de se transformer en simples courtisans, ils devraient remettre en question leurs priorités et se concentrer sur des actions concrètes au service du peuple. La République Démocratique du Congo mérite bien plus qu’un spectacle éphémère de loyauté ; elle a besoin de leaders capables de prendre des décisions éclairées et responsables pour un avenir meilleur.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













