Depuis le tumulte du 20 décembre 2023, une ombre glaciale s’est abattue sur les rouages de l’État congolais, figeant la machine gouvernementale dans une paralysie insupportable. Pendant ce temps, le pays saigne, étreint par les griffes des armées étrangères, mais pour nos hommes politiques, ce n’est qu’un détail fugace.
Ils semblent danser avec l’indifférence, jonglant avec le temps comme s’il était une ressource inépuisable. Au lieu d’agir avec urgence et détermination pour sauver leur nation en péril, nos dirigeants se complaisent dans l’art de la procrastination politique. Ils gaspillent des jours précieux à des joutes verbales stériles, à des négociations de couloirs, et à des manœuvres d’appareil.
Le but étant de préserver leurs intérêts personnels, leur pouvoir éphémère et leurs investissements politiques. Dans cette valse macabre de l’irresponsabilité, l’incompréhension des institutions congolaises face à l’impérieuse nécessité d’agir résonne comme un cri silencieux dans un désert de promesses brisées. L’argent perdu peut-être remplacé, mais le temps perdu ne reviendra jamais.
Pendant que le peuple endure l’horreur de la guerre et de l’occupation, nos élites politiques semblent aveugles, sourdes et insensibles aux souffrances de ceux qu’elles sont censées servir. Cette tragédie absurde révèle l’abîme béant qui sépare nos gouvernants de la réalité quotidienne de la population. Leur incapacité à saisir l’urgence de la situation, leur insouciance face à la détresse de milliers de vies brisées.
Leur obsession myope pour la préservation de leur pouvoir illusoire – tout cela compose un tableau sinistre de l’échec politique et moral. Il est temps de briser ce cercle vicieux de l’inertie et de l’égocentrisme. Il est temps pour nos dirigeants de se rappeler qu’ils sont les serviteurs du peuple, non les seigneurs d’un royaume éphémère. La vie est courte et il faut être réaliste.
Il est temps d’agir avec courage, avec compassion, avec détermination pour restaurer la dignité et l’espoir de notre nation meurtrie. Car le temps ne se laisse pas apprivoiser par des discours creux et des calculs mesquins. Le temps est cruel et implacable, et il révélera un jour à quel point nos choix présents étaient lourds de conséquences. Chaque heure de temps perdu est une chance de malheur futur.
Il est temps de choisir : entre l’immobilisme confortable et la responsabilité historique, entre la complaisance stérile et l’action audacieuse, entre la damnation de l’inaction et la rédemption du courage politique. Le temps presse. Lutter contre l’inévitable, c’est accepter un fait accompli. C’est une preuve de sagesse et d’intelligence que d’avoir une stratégie qui est l’art d’utiliser le temps et l’espace.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













