Le 24 juillet 2024 marquera un tournant pour le Sénat de la législature 2023-2028, avec la notification officielle de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle validant le Règlement d’Ordre Intérieur. Cet événement, bien que technique, est porteur de significations profondes qui méritent une attention particulière.
En effet, la conformité à la Constitution n’est pas seulement une question de légalité, mais également de légitimité, de transparence et de confiance envers les institutions. La validation du Règlement d’Ordre Intérieur par la Cour Constitutionnelle ouvre la voie à l’élection du bureau définitif du Sénat, dont le calendrier a été récemment rendu public par le bureau d’âge.
Ce calendrier, signé par Ivan Kazadi Kankonde, premier secrétaire du bureau provisoire, établit une feuille de route claire : dépôt des candidatures, examens, affichages et finalement l’élection. Chaque étape est cruciale pour garantir que les représentants élus le soient sur la base de règles établies et respectées. La conformité à la Constitution est un gage de légitimité.
En validant le Règlement d’Ordre Intérieur, la Cour Constitutionnelle ne fait pas que valider un document ; elle renforce la confiance des citoyens dans leurs institutions. Le Sénat, souvent perçu comme une entité éloignée des réalités du peuple, a ici l’occasion de prouver qu’il peut agir de manière transparente et démocratique.
Cependant, cette légitimité dépendra également de la manière dont le processus électoral sera conduit. Les différentes étapes, de la notification de l’arrêt à la campagne électorale, doivent se dérouler sans accroc. Toute faille, tout soupçon de favoritisme ou d’opacité pourrait entacher ce processus et miner la confiance du public.
La campagne électorale, qui démarrera le 30 juillet 2024, sera un moment clé. Les sénateurs devront s’engager à mener une campagne basée sur des idées et des principes, plutôt que sur des jeux de pouvoir ou des alliances douteuses. La transparence sera le maître mot : non seulement dans la communication des candidatures, mais aussi dans les méthodes de campagne.
Le Sénat doit montrer qu’il est à l’écoute des préoccupations des citoyens. La déclaration de conformité de la Cour Constitutionnelle pourrait être le premier pas vers un renouveau institutionnel. Si le Sénat réussit à prouver qu’il peut s’acquitter de ses responsabilités de manière transparente et conforme à la Constitution. Ce qui devrait être le cas dans la semaine qui suit.
Cela pourrait redorer son blason et le positionner comme un acteur clé dans la gouvernance du pays. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le véritable défi commence maintenant. Les sénateurs doivent non seulement respecter les règles établies, mais aussi agir de manière à inspirer confiance et respect. Quel bureau pour la chambre haute ?
La véritable question est de savoir si cette occasion sera saisie pour instaurer une culture de responsabilité et de transparence au sein du Sénat. La déclaration de conformité à la Constitution du Règlement d’Ordre Intérieur est bien plus qu’un simple acte administratif. C’est une opportunité pour le Sénat de se réinventer et de regagner la confiance des citoyens.
Les mois à venir seront décisifs pour déterminer si cette institution peut réellement devenir un pilier de la démocratie et de la bonne gouvernance. Le pouvoir est dans le peuple et non dans des combinaisons entre regroupement politique. La misère de notre peuple est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain. La misère peut disparaître comme la lèpre a disparu.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













