Lors de la présentation du budget 2025 par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, une déclaration de Vital Kamerhe a retenti comme un coup de tonnerre dans l’Assemblée Nationale : « Un inspecteur des finances recruté aujourd’hui peut payer 12 professeurs des universités en RDC avec son salaire. »
Cette affirmation soulève des questions cruciales sur les priorités budgétaires du pays et la valorisation des enseignants, souvent en première ligne de l’éducation et du développement. La déclaration de Kamerhe met en lumière un écart salarial qui semble non seulement injuste, mais également révélateur d’un système qui privilégie certaines professions au détriment d’autres, notamment celles qui sont essentielles à l’éducation.
En RDC, les enseignants, qui jouent un rôle primordial dans la formation des futures générations, sont souvent sous-payés, ce qui contribue à la dévalorisation de la profession et au découragement des talents. Kamerhe n’est pas seul dans son plaidoyer pour une augmentation des salaires des enseignants. D’autres députés ont également exprimé leur préoccupation face à la situation alarmante des enseignants dans le pays.
Cet appel collectif pourrait représenter un tournant dans la perception des enseignants, en les plaçant au cœur des débats budgétaires et politiques. Cela pourrait également encourager un dialogue plus large sur la nécessité d’un investissement accru dans le secteur éducatif. L’inégalité salariale entre les inspecteurs des finances et les enseignants soulève des enjeux sociaux majeurs.
Elle témoigne d’un manque de reconnaissance des valeurs fondamentales de l’éducation, qui est souvent considérée comme la clé du développement durable d’un pays. Un investissement dans les salaires des enseignants ne serait pas seulement une question de justice sociale, mais également une stratégie économique. Des enseignants bien rémunérés sont plus susceptibles d’être motivés.
Mais aussi d’offrir une éducation de qualité, ce qui, à long terme, peut contribuer à la croissance économique du pays. La déclaration de Vital Kamerhe doit servir de point de départ pour une réflexion plus profonde sur la manière dont la RDC valorise ses enseignants. Les décisions budgétaires doivent refléter un engagement à long terme envers l’éducation et les professionnels qui la soutiennent.
Une meilleure rémunération des enseignants pourrait également contribuer à attirer et à retenir des talents, améliorant ainsi la qualité de l’éducation dans le pays. Il est impératif que cette déclaration ne reste pas sans suite. Elle doit inciter les décideurs à réévaluer leurs priorités et à envisager des réformes qui garantiront que les enseignants soient traités avec le respect et la dignité qu’ils méritent. Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir de la RDC.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR











