La RDC fait face à une crise éducative sans précédent, une réalité qui soulève des questions fondamentales sur l’avenir de sa jeunesse. La validation des années académiques, qui devrait être un gage de qualité et d’intégrité, est devenue un processus obscur, entaché par la négligence des autorités et la déresponsabilisation des acteurs éducatifs.
Il est criminel de constater que les responsables de l’éducation semblent indifférents à la baisse vertigineuse du niveau des étudiants congolais. Le constat est accablant : des diplômés de l’enseignement supérieur, des licenciés, ne savent ni lire ni écrire correctement. Comment peut-on envisager un avenir radieux pour un pays dont les jeunes diplômés sont des analphabètes fonctionnels ?
Les masters, qui devraient être synonymes de spécialisation et d’excellence, sont attribués à des étudiants dont la maîtrise de la langue française est si déficiente qu’ils peinent à écrire même des phrases simples. Cette situation est le résultat direct d’un système éducatif en déroute, où la qualité a été sacrifiée sur l’autel de la quantité.
Pire encore, les collations académiques, qui devraient célébrer l’effort et le mérite, sont devenues des spectacles de mépris pour l’intellect. Des étudiants reçoivent des diplômes sans avoir passé d’examens valables, et ce, avant même la délibération des résultats. Ce manque de rigueur académique n’est pas seulement une atteinte à l’intégrité des institutions éducatives.
Mais également un affront à l’intelligence des étudiants qui aspirent à une éducation de qualité. Les autorités éducatives, en faisant preuve d’une telle légèreté, trahissent leurs propres responsabilités. L’enseignement supérieur en RDC n’a jamais connu un tel niveau de mépris. Les établissements d’enseignement, qu’ils soient publics ou privés, semblent plus préoccupés par le nombre d’étudiants que par la qualité de l’enseignement dispensé.
Les enseignants, souvent mal formés et sous-payés, se retrouvent dans l’incapacité de fournir un enseignement de qualité. Les étudiants, de leur côté, se trouvent piégés dans un système qui valorise le passage à tout prix plutôt que la compétence réelle. Il est urgent que les autorités congolaises prennent conscience de la gravité de cette situation.
La validation des années académiques ne doit pas être un simple processus administratif, mais un véritable acte de responsabilité envers les générations futures. Une réforme en profondeur de l’éducation est indispensable, impliquant à la fois la formation des enseignants, la révision des programmes d’études et l’instauration de critères de validation rigoureux.
La RDC ne peut se permettre de continuer sur cette voie de dégradation académique. Les générations futures méritent mieux qu’un système éducatif en décomposition. Il est temps que les autorités prennent des mesures concrètes pour redresser la situation, en plaçant la qualité de l’éducation au cœur de leurs priorités. L’avenir du pays en dépend, et il est impératif d’agir avant qu’il ne soit trop tard. L’éducation est la clé du développement, et il est temps de la traiter comme telle.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













