En RD Congo, le centre-ville de Kinshasa, vibrant cœur économique et culturel du pays, est en proie à une crise silencieuse mais dévastatrice. Ce phénomène, qui mérite une attention urgente, s’exprime à travers la dépossession croissante des Congolais de leurs biens fonciers au profit d’intérêts étrangers.
Au cœur de cette problématique se trouve le ministère des affaires foncières, dont l’irresponsabilité semble contribuer à la désarticulation du tissu social congolais. Des familles entières, qui ont habité dans des quartiers historiques pendant des générations, se retrouvent aujourd’hui à la merci d’investisseurs étrangers, souvent soutenus par des manœuvres douteuses.
Des terrains autrefois occupés par des Congolais sont désormais bradés ou attribués à des entreprises étrangères, tandis que les véritables propriétaires se voient privés de leurs droits fondamentaux. Le ministère des affaires foncières, censé protéger les droits des citoyens congolais, semble agir en faveur d’intérêts extérieurs en percevant des grosses rétro-commissions.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une étude récente a révélé que près de 70% des propriétés dans certaines zones de Kinshasa sont désormais entre les mains d’investisseurs étrangers, une situation inacceptable dans un pays où la pauvreté touche une large majorité de la population. Le ministère, au lieu de servir de rempart, est devenu un facilitateur de cette dépossession.
Les pratiques de corruption, le manque de transparence et l’absence de régulations claires alimentent un système où les propriétaires légitimes sont laissés pour compte. Les procédures d’attribution des terres sont souvent opaques, et les recours juridiques pour les Congolais sont limités, rendant leur situation encore plus précaire et invivable.
Cette dépossession massive ne se limite pas à une question de propriété ; elle a des répercussions profondes sur la cohésion sociale et l’économie locale. Des quartiers entiers se transforment en zones gentrifiées, où les prix de l’immobilier explosent, rendant la ville inaccessible pour les Congolais moyens. La perte de patrimoine culturel et historique est également alarmante.
Des maisons, des commerces et des espaces communautaires disparaissent, emportant avec eux l’identité et l’histoire de leurs habitants. Face à cette réalité alarmante, il est impératif d’exiger une réforme en profondeur du ministère des affaires foncières. Le rôle irresponsable du ministère des affaires foncières doit être dénoncé et corrigé.
La mise en place de mécanismes de transparence et de protection des droits fonciers des Congolais est essentielle pour inverser cette tendance. Les voix de la société civile, des ONG et des citoyens doivent se faire entendre pour réclamer une justice foncière. Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités et mette fin à cette dépossession inacceptable.
La situation actuelle en RDC, marquée par la dépossession des Congolais de leurs maisons au profit d’intérêts étrangers, est un véritable cri d’alarme. La lutte pour la sauvegarde des droits fonciers congolais est une lutte pour la dignité et l’avenir d’un peuple. Il est impératif d’agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













