Dans un pays déjà marqué par des tensions politiques et sociales palpables, le récent acte du régime de Kinshasa d’interroger le Cardinal Ambongo de l’Église catholique pourrait bien être la goutte d’eau de trop dans un vase déjà débordant. En effet, en ouvrant un front de plus, le régime risque de se retrouver face à des conséquences imprévisibles et potentiellement explosives.
L’histoire nous a maintes fois enseigné que le pouvoir excessif et l’arrogance mènent souvent à la chute. En s’attaquant à une institution aussi respectée et influente que l’Église catholique en RDC, le régime de Kinshasa semble oublier qu’aucune puissance, quelle que soit sa nature, n’est à l’abri des répercussions de ses actes.
L’Église catholique, avec sa longue histoire et sa profonde empreinte dans la société congolaise, ne peut être ignorée ni sous-estimée. Son rôle dans la construction et la cohésion sociale dépasse largement les limites d’une simple institution religieuse. C’est elle qui a formé la quasi-totalité de l’élite politique congolaise et a toujours été l’aiguillon contre les régimes passés de Joseph-Désiré Mobutu à Joseph kabila.
En s’attaquant à elle, le régime de Kinshasa risque non seulement de perdre le soutien et la confiance d’une part importante de la population, mais également de provoquer des réactions en chaîne qui pourraient mettre en péril la stabilité du pays. L’ivresse du pouvoir semble aveugler ceux qui doivent presque tout à cette institution qui les avait accompagnés pendant 37 ans dans l’opposition.
Il est impératif de se rappeler que la toute-puissance est une illusion dangereuse, surtout dans un pays comme la RDC, où les tensions sont toujours latentes et où la moindre étincelle peut déclencher un incendie. Au lieu d’ouvrir des fronts inutiles, le régime ferait mieux de chercher des solutions inclusives et respectueuses pour répondre aux défis auxquels le pays est confronté.
En conclusion, le régime de Kinshasa doit prendre garde à ne pas franchir la ligne rouge en s’attaquant à des acteurs clés de la société congolaise. L’histoire est témoin que trop de fronts ouverts finissent par conduire à des impasses désastreuses. Il est donc crucial de faire preuve de prudence, de respect et de sagesse dans les interactions avec des institutions aussi cruciales que l’Église catholique en RDC.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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