La RD Congo est le seul pays où la nudité rapporte plus que le savoir, et où le mérite se meurt sous les applaudissements d’une élite immorale dans un carnaval de la honte. La RDC est devenue le théâtre d’une tragédie grotesque : un pays où l’on dépense sans sourciller 47 000 dollars pour une artiste qui se dénude en public, mais où l’on s’indigne à l’idée de payer 2 500 dollars à un doctorant qui consacre sa vie à la recherche.
Un pays où un professeur des universités doit mendier un salaire décent, où un journaliste chevronné est traité comme un accessoire jetable, et où les directeurs de cabinet survivent avec moins de 1 000 dollars par mois dans un État pourtant riche en minerais. Comment en est-on arrivé là ? La réponse est simple : la RDC est dirigée par une caste qui a érigé la médiocrité en système et la corruption en religion.
Pendant que les universités congolaises s’effondrent, que les bibliothèques se vident et que les cerveaux fuient, certaines autorités applaudissent des spectacles vulgaires financés par des fonds publics. 47 000 dollars pour une danse obscène, mais pas un sou pour un laboratoire de recherche. Le pays fait l’éloge de l’ignorance et le spectacle écrase le savoir. Un doctorant congolais doit se battre alors qu’ailleurs son expertise serait valorisée à sa juste mesure.
Un professeur des universités, formateur des futures élites, est payé moins qu’un gardien de parking dans une mine privée. Un journaliste d’investigation, qui risque sa vie pour révéler les scandales, est considéré comme un “coût inutile”. Quel message envoie un État qui récompense plus la vulgarité que l’excellence ? Le système congolais est une machine à broyer les compétences. Les juges et policiers ne sont pas payés, alimentant un système où “la justice est à vendre”.
Résultat ? Une nation où le vol est récompensé et le mérite puni dans une dérision des valeurs. La RDC préfère la servilité à l’intégrité. La RDC est le seul pays au monde où les nominations politiques sont célébrées comme des loteries. Quand quelqu’un devient ministre, on sait qu’il va s’enrichir. Le pire ? La population est conditionnée à accepter cette déchéance. Les militaires et policiers rackettent la population pour survivre.
Les enseignants vendent des notes et les médecins monnaient les soins. Et pendant ce temps, l’État dépense sans compter pour des divertissements vulgaires et des voyages inutiles. La RDC n’est pas pauvre. Elle est volée, humiliée, trahie. Elle a les ressources pour payer ses intellectuels. Elle a l’argent pour construire des universités dignes. Elle a le potentiel pour devenir un géant économique.
Mais tant que l’obscénité sera mieux payée que l’intelligence, tant que les corrompus seront glorifiés et les honnêtes gens méprisés, la RDC restera un pays en décadence, dirigé par des fossoyeurs en costume. La solution ? Boycottons les spectacles obscènes, exigeons la transparence sur les dépenses publiques et soutenons les intellectuels et journalistes. Sinon, la RDC continuera d’être le seul pays où l’on paie plus pour une danse obscène que pour sauver son avenir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













