Il n’y a plus aucun doute. La gratuité est bel et bien effective. La rentrée scolaire de ce lundi en est une preuve éloquente. Alertés depuis deux semaines environs, parents et élèves des écoles publiques se frottent les mains.
Ces derniers peuvent enfin humer l’air de la gratuité tant attendue depuis la promulgation de la Constitution du 18 février 2006. L’autre revers de la médaille de la gratuité est le surpeuplement des classes. Une visite au Lycée Molende située dans le quartier Kinzazi dans la commune de Matete réconforte cette thèse. Tenez, les classes de 7ème regorgent une moyenne de 65 élèves par classe. Ce qui dépasse la moyenne requise dans une classe (40 à 45 élèves). Par conséquent, la qualité de l’enseignement risque de connaitre un coup dur. A en croire, certains analystes, ce surpeuplement est également due à l’engouement vers les écoles publiques. Les parents s’empressent à envoyer leurs enfants vers les établissements publics pour bénéficier de la fameuse gratuité.
Des mesures pour l’effectivité de la gratuité
Pour l’année scolaire en cours, le Gouvernement s’engage à payer le premier palier des salaires réajustés des enseignants, dès le mois d’octobre 2019. Dans sa lettre datée du 27 août, le Secrétaire général de l’EPSP, Jean-Marie Mangobe, estime que cette mesure est prise pour rendre effective la gratuité de l’enseignement de base, au cycle primaire dès la rentrée scolaire 2019-2020.
“Sans avancer des chiffres précis, la circulaire du Secrétariat général de l’EPSP précise que les deuxième et troisième paliers seront payés dans le cadre de la loi des finances de l’exercice 2020. Et que le gouvernement devra s’acquitter, à la paie d’octobre 2019, des indemnités de logement et de transport auprès des enseignants de la ville de Kinshasa et des chefs-lieux des provinces”
Prise en charge des enseignants
A la lumière de ce document, les établissements publics d’enseignement primaire et les bureaux gestionnaires bénéficieront également des allocations des frais de fonctionnement réajustés. D’autres mesures prises pour faciliter la gratuité de l’enseignement sont notamment la mise sous statut de 15.000 enseignants non payés des établissements publics d’enseignement primaire, et la suppression des frais d’organisation du Test national de fin d’études (TENAFEP). Ces frais seront désormais pris en charge par le trésor public.
Aux dires du Secrétariat général de l’EPSP, il est strictement interdit de transformer les écoles en maisons d’approvisionnement et de vente des fournitures et d’articles scolaires (uniformes, écussons, journaux de classe, cahiers, cravates, etc.), comme c’est bien souvent le cas en RDC.
L’impôt de solidarité en faveur de l’enseignement
Le coût global pour assurer la gratuité de l’enseignement au niveau du primaire dès la rentrée scolaire 2019-2020 en République démocratique du Congo s’élève à près de 2,6 milliards USD.À l’issue de la table ronde sur la gratuité de l’enseignement qui s’est tenue à Kinshasa, les experts ont notamment recommandé au gouvernement congolais une bonne prise en charge des enseignants non payés et de nouvelles recrues, mais aussi d’améliorer le salaire de tous les enseignants.
Pour trouver les fonds nécessaires, le texte adopté à l’issue d’un forum sur cette matière propose la mise en place d’un impôt de solidarité en faveur de l’enseignement.
Strict respect du calendrier scolaire
Sur un autre volet, le ministre ai de l’EPSP assure que certaines dispositions d’ordre pratique sont contenues dans le calendrier scolaire. Notamment en ce qui concerne le respect obligatoire de ce canevas par tous les acteurs et les partenaires éducatifs de l’Enseignement national, le port de l’uniforme scolaire par tous les élèves, filles et garçons, mais aussi les dates de rédaction et de transmission de différents rapports administratifs et autres palmarès.
Emery Okundji met également les curseurs sur les périodes prévues pour l’organisation des assises de promotion scolaire et de la réunion annuelle d’évaluation de l’inspection de l’Enseignement national, les Assemblées générales électives des parents et la journée de l’Enseignement national fêtée le 30 avril de chaque année.













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