La scène est presque comique : à l’Université Pédagogique Nationale, les professeurs, drapés dans leurs toges dignes de l’Antiquité, se lancent dans une grève qui ferait rougir d’envie les plus grands comédiens de la farce politique. Dans un pays où la bêtise humaine semble avoir atteint des sommets, ces éminents savants s’affichent en champions du mécontentement.
Ils oublient un détail crucial : ce sont eux (cette caste) qui, par leur inaction et leur complicité, ont contribué à la déliquescence du système éducatif et à la corruption endémique qui gangrène la République Démocratique du Congo. Il est fascinant de voir ces intellectuels, qui enseignent des théories de la responsabilité et de l’éthique à leurs étudiants, se transformer en pleureuses à la première occasion.
Ils investissent tant d’énergie à pleurer sur leurs sorts en tant que victimes du système, tout en ayant été des acteurs clés de ce même système. Lorsque ces professeurs deviennent ministres, on se demande s’ils ont oublié leurs propres leçons. Les promesses de changement et de progrès se volatilisent dès qu’ils mettent un pied dans le monde politique.
Et maintenant, les voilà à se lamenter comme des fillettes à la presse, pleins de compassion pour eux-mêmes, mais visiblement incapables de voir le désastre qu’ils ont contribué à créer. Il est ironique de constater que ceux qui se dressent en défenseurs de l’éducation sont souvent les mêmes qui détournent des deniers publics avec une nonchalance désarmante.
Ces enseignants, devenus des super privilégiés de la République, se présentent comme des victimes d’un système qu’ils ont eux-mêmes aidé à construire. Leur complicité avec les abus de pouvoir et les violations manifestes des lois ne fait que renforcer l’idée qu’ils ne méritent aucune compassion. Après tout, s’aimer soi-même semble être un concept étranger à cette caste d’intellectuels.
La grève à l’UPN est le symptôme d’un système malade, où les professeurs, au lieu de remettre en question leur rôle dans cette tragédie nationale, choisissent de voir la paille dans l’œil de l’administration tout en ignorant la poutre massive qui se trouve dans le leur. Leur combat pour de meilleures conditions de travail, bien que légitime en théorie, est éclipsé par leur propre hypocrisie.
Ils veulent être entendus, mais qui les écoute vraiment après tant d’années de complicité avec le désastre ? Les étudiants, qui sont les véritables victimes de cette farce, méritent mieux qu’un corps professoral qui se débat dans ses propres contradictions. Ils sont pris en otage par des enseignants qui, au lieu d’être des modèles, deviennent des caricatures d’eux-mêmes.
L’instruction publique ou privée, censée être le phare de l’avenir, est plongée dans l’obscurité par ceux qui devraient en être les gardiens. Finalement, la grève des professeurs de l’UPN n’est qu’une autre page d’un chapitre déjà trop long d’hypocrisie et de déception. Plutôt que de se draper dans leurs toges et de jouer les martyrs, peut-être que ces éminents professeurs devraient d’abord réfléchir à leur propre rôle dans cette comédie tragique.
Posez-vous la question : qui sont convoqués pour interpréter de manière cynique ce que tout le monde comprend comme une manoeuvre dangereuse pour la République ? La puissance de la bêtise humaine, en effet, ne doit jamais être sous-estimée, surtout quand elle s’habille en érudition pour mieux masquer son incompétence. Les véritables perdants dans cette affaire ? Les étudiants, qui, eux, ne peuvent pas se permettre le luxe de l’ignorance.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













