Le refus de la ville d’Orléans d’enterrer Protais Zigiranyirazo, dit “Monsieur Z”, sous prétexte de “risque de troubles à l’ordre public” , n’est pas un acte isolé de vigilance mémorielle. C’est le résultat d’une manipulation orchestrée par le régime rwandais de Paul Kagame, qui exporte sa haine ethnique et sa paranoïa jusqu’en Europe.
Le Front Patriotique Rwandais (FPR), accusé par des rapports internationaux d’avoir commis des crimes contre l’humanité envers les Hutus , utilise des associations financées à distance pour diaboliser toute voix dissidente, y compris post mortem. Zigiranyirazo, bien qu’acquitté en appel par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) en 2009 , reste dans la narration kagaméenne un “génocidaire” incontesté.
Pourtant, son acquittement souligne les failles d’une justice internationale souvent instrumentalisée. Le maire d’Orléans, Serge Grouard, invoque la “dignité des victimes” et les “risques de rassemblement de nostalgiques” , mais cède en réalité à la pression de lobbies comme Ibuka France, inféodés à Kigali. Ces associations, financées par le régime, entretiennent une vision manichéenne de l’histoire, où tout Hutu est un génocidaire en puissance et tout Tutsi un héros martyr.
Paul Kagame, présenté en Occident comme le “sauveur” du Rwanda, a construit son pouvoir sur une rhétorique ethno-centrée. Son régime interdit toute mention des crimes du FPR, notamment les massacres de Hutus modérés et de réfugiés rwandais en RD Congo mais aussi plus de 12 millions d’innocents civils congolais en 30 ans, fautifs aux yeux de Kagame d’avoir hébergés des Hutus fuyant la guerre.
La loi rwandaise criminalise toute discussion sur l’ethnicité , tout en permettant à Paul Kagame d’utiliser le génocide au profit des “seuls Tutsis” comme outil de légitimation internationale. Le rapport Duclert, qui accuse la France de “cécité” mais non de complicité , est ignoré à Kigali au profit d’une narration simpliste : la culpabilité collective des Hutus. L’Occident est-il complice de cette macabre dérive de double jeu de Kagame qui est à la fois victime et bourreau ?
La France, après des décennies de relations tendues avec le Rwanda, semble tomber dans le piège de la culpabilité post-coloniale. En interdisant l’enterrement de “Monsieur Z”, elle valide la diabolisation des Hutus et renforce l’impunité du régime Kagame. Pire, elle participe à une réécriture de l’histoire où les victimes hutus sont effacées des mémoires. Le rapport Gersony de l’ONU, évoquant les crimes du FPR, reste enterré tandis que le lobby tutsi de Kagame impose sa version des faits.
Kagame se présente en victime du génocide, mais son régime est accusé d’avoir délibérément sacrifié des Tutsis pour justifier sa prise de pouvoir. L’assassinat du président Habyarimana en 1994 par le FPR a été l’étincelle déclenchant les tueries. Pourtant, Kagame utilise ce trauma pour silencier toute opposition et perpétuer une dictature ethnique. Son régime emprisonne, torture et assassine ceux qui osent questionner la version officielle.
L’interdiction d’enterrer un Hutu en France est un acte de nécropolitique : le régime de Kigali étend son contrôle jusque sur la mort. En empêchant la sépulture de Zigiranyirazo, il affirme sa mainmise sur la mémoire collective et punit symboliquement toute une communauté. Cette logique rappelle les pires heures de l’histoire, où les corps des “ennemis” étaient privés de sépulture pour les rayer de l’humanité.
Il est temps que le monde cesse de se laisser manipuler par le lobby de Paul Kagame. La lutte contre le négationnisme doit inclure tous les crimes, y compris ceux du FPR. Refuser l’enterrement d’un homme au nom d’une idéologie ethno-centrée, c’est participer à la persécution des Hutus et valider une dictature qui instrumentalise la souffrance. La mémoire des victimes, toutes les victimes, mérite mieux qu’une hypocrisie politicienne.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













