De manière générale, les ménages des villes de Kenge et Kikwit subissent depuis le mois de septembre dernier une hausse généralisée des prix à la consommation finale.
À Kikwit, depuis novembre dernier, l’augmentation varie entre 30 et 50 % », ont témoigné les habitantes de cette contrée. Cette majoration a un impact psychologique visible sur les ménages. Au marché de Cité, dans la commune où se trouve le stade de Kikwit, les vendeuses ont expliqué que c’est désormais devenu courant de voir les maris accompagner leurs femmes au marché pour vérifier et comparer les prix. Dernièrement, un autre marché de 523, situé dans le quartier Kikwit3, des mamans ont même dû intervenir pour calmer un mécanicien, furieux d’entendre son épouse lui réclamer sans cesse davantage d’argent. Des souffrances pour tous. La hausse des prix est durement ressentie par un grand nombre de couches sociales.” Les prix de certains produits ont augmenté de sorte que même les personnes qui travaillent n’ont plus les moyens de se les procurer”. Mais ce sont les populations rurales qui en pâtissent le plus. Selon Elvir, habitante de la ville, « même si des scènes de cassure et de division ne sont pas inexistantes [en milieu urbain], elles sont moindres par rapport aux zones rurales ». « Il y a eu quelques problèmes de contrôle au niveau des détaillants, dans l’application des mesures prises par le gouvernement », Le problème, selon un économiste, repose sur le fait que le gouvernement n’a aucun moyen de s’assurer que les commerçants font profiter les consommateurs de cette réduction d’impôts. Pour appliquer cette politique, « il faut, si l’on veut être rigoureux, un inspecteur par produit et par marché ». Autosuffisance Pour compenser la hausse des prix, le gouvernement congolais promeut également l’autosuffisance alimentaire. Pour y parvenir, les économistes de Kikwit, il faudrait plus que doubler le volume de la production actuelle. En RDC, comme dans d’autres pays d’Afrique, la politique agricole consiste en effet depuis 30 ans à encourager les « cultures de rente [destinées à l’exportation], au détriment des cultures vivrières ». Il faudra du temps pour mettre en œuvre cette nouvelle politique d’autosuffisance alimentaire, a-t-il ajouté. Autre solution, à plus court terme, mettre en circulation les réserves alimentaires nationales. « Des céréales seront mises sur le marché », a déclaré à Elvir. Pour l’administrateur du marché, cela permettra de faire baisser les prix. Mais cette mesure coûte à l’Etat plus de 83 millions de dollars, selon les statistiques officielles. Et jusqu’ici, les prix n’ont pas cessé d’augmenter, a indiqué une mère de famille qui faisait ses emplettes au marché. Madame Elvir, « Ma famille et moi-même avons de plus de plus de difficultés à vivre avec les moyens que nous avons », a-t-elle confié. Cette situation est également vécue dans plusieurs coins du pays. La capitale et mégalopole, Kinshasa n’est pas épargnée. M
Pierrot Tako













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