À l’heure où la province du Haut-Uélé serait censée se redresser, elle se trouve enchaînée à un gouverneur dont le nom résonne désormais comme un synonyme de désastre. Ce dernier, en digne représentant d’un système corrompu, semble avoir érigé la dilapidation des ressources publiques en véritable art de vivre.
Alors que les cris de désespoir de la population se font entendre, il s’enfonce dans un océan de jouissance, confondant le trésor public avec son coffre-fort personnel. L’absurde atteint des sommets lorsque l’on constate que tous les hôtels d’Isiro, ces bastions de l’hospitalité, sont désormais occupés par l’entourage proche du Gouverneur.
Les frais d’hébergement s’élèvent à des montants vertigineux, atteignant jusqu’à 200$ la nuitée, sans compter les dépenses somptuaires en champagnes et whiskies. Le trésor public finance ainsi le train de vie d’une bande d’acolytes qui, pour beaucoup, auraient dû se contenter de leurs résidences, mais qui préfèrent visiblement vivre dans le luxe aux frais du contribuable.
Pendant ce temps, les véritables héros de cette province, les fonctionnaires, attendent toujours leurs salaires, piégés dans une spirale d’indifférence qui frôle le mépris. Dans ce tableau pitoyable, la route Isiro-Dungu se dresse comme un symbole de l’abandon. Les ouvriers qui s’échinent à la tâche pour l’amélioration des infrastructures restent en grande partie non rémunérés.
Tandis que les voyageurs sont contraints de vivre un calvaire sans précédent. La route, qui devrait être un vecteur de développement, est devenue un champ de désolation où le temps semble s’être arrêté. Les péages, censés générer des revenus pour la province, sont de plus en plus désertés, victimes d’une gestion calamiteuse et d’un manque de vision.
Bakomito, en homme de pouvoir, semble avoir oublié que son rôle n’est pas de s’adonner à la farce d’un pouvoir confiscatoire, mais de servir le peuple. Ses accords politiques, plus proches d’une trahison que d’un véritable contrat social, ne sont qu’un reflet de son incapacité à gouverner avec intégrité. Ses disciples l’encouragent à faire front à ses alliés, ne supportant pas le partage du pouvoir.
On se demande plutôt où il trouvera les ressources nécessaires pour une politique qui, jusqu’à présent, n’a fait qu’enfoncer le Haut-Uélé dans un gouffre de désespoir. La situation est d’autant plus alarmante que l’on constate que le fonds de la société Kibali Gold Mine, bien que prometteur, ne peut pas être la seule planche de salut de la province.
Bakomito semble pourtant se perdre dans des projets futiles tels que la route de desserte agricole NESU, au lieu de se concentrer sur les véritables priorités qui pourraient soulager la population d’Isiro. Les prix, déjà insupportables, continuent de flamber, tandis que les plus démunis se battent pour leur survie au quotidien avec les tracasseries policières comme cerise sur le gâteau.
Le nouvel homme fort ne serait rien d’autre qu’un gouverneur qui, aveuglé par sa jouissance personnelle, méprise le bien-être de ceux qu’il est censé représenter. Le Haut-Uélé mérite mieux qu’un tel dirigeant. Il est temps que la population se lève contre cette gabegie et exige une gouvernance responsable, où l’argent public ne serait plus un outil de festin pour quelques-uns, mais une richesse à partager pour le bien de tous.
La rédaction / Lobjectif.net













