Dans un pays où la justice semble avoir pris un virage acrobatique, nous assistons à la dernière performance du ministre de la Justice, Constant Mutamba. Avec un aplomb digne d’un illusionniste, il nous présente sa politique de libération des prisonniers comme une solution miracle à la surpopulation carcérale.
Mais derrière le rideau, la réalité est bien plus sinistre. Au lieu de résoudre le problème, cette démarche ne fait qu’ajouter des couches de cynisme à un système déjà mal en point. La libération de criminels multirécidivistes et de violeurs au nom de l’engorgement des prisons est une farce qui, sans l’ombre d’un doute, envoie un signal catastrophique à la nation.
Cette approche, plus proche d’un coup de théâtre que d’une réelle politique pénale, fait fi de la sécurité des citoyens. Pendant ce temps, le ministre brille sous les feux de la rampe, s’assurant que sa démarche soit applaudie par une élite déconnectée des réalités quotidiennes des Congolais. Bravo, Monsieur Mutamba, vous êtes le ministre le plus populaire du gouvernement Suminwa.
Le peuple, lui, reste en proie à l’insécurité grandissante, tandis que vous jouez avec le destin des innocents. Refuser d’incarcérer les criminels et, en même temps, ne pas envisager la construction de nouvelles prisons ou des solutions d’incarcération alternatives, comme les bracelets électroniques, relève d’une logique qui frôle l’absurde.
Quelle est cette idéologie qui préfère mettre en liberté des individus dangereux plutôt que de faire face à la réalité ? C’est comme si l’on décidait de vider une baignoire en laissant le robinet ouvert, tout en espérant que l’eau ne déborde pas. Le résultat est inévitable : le chaos. Récemment, un ancien détenu, fraîchement libéré par cette politique de “vidange”, a commis un nouveau crime.
Une coïncidence ? Non, une tragédie annoncée. Cette mesure démagogique est une véritable menace pour la sécurité des citoyens, qui se retrouvent, une fois de plus, en première ligne face à l’irresponsabilité d’un système judiciaire en déliquescence. À qui profitent ces libérations ? Il est grand temps de réclamer des solutions réelles et non des spectacles tragiques.
Certainement pas aux victimes, mais à un ministre en quête de reconnaissance et d’un pouvoir qui semble plus préoccupé par sa propre image que par le bien-être de la population. La construction de nouvelles prisons, l’adoption de méthodes d’incarcération alternatives et un véritable débat public sur les enjeux de la justice en RDC sont des impératifs.
Il est grand temps d’épargner à notre peuple des actions basées sur la victimisation et les conflits permanents. Le malaise au sein du pouvoir judiciaire n’est pas une simple rumeur. Les magistrats, tout comme les citoyens, expriment leur ras-le-bol face à une gestion calamiteuse de la justice. Ce sentiment de colère et de désespoir n’est pas usurpé.
Le peuple congolais mérite des réponses concrètes et des politiques réfléchies, loin des illusions d’un ministre qui préfère le show à la substance. La politique de libération des prisonniers, telle que mise en œuvre par Constant Mutamba, est une farce tragique qui met en péril la sécurité des citoyens et la crédibilité du système judiciaire.
Au lieu de masquer les problèmes, il est temps d’affronter la réalité, de construire des prisons adaptées et de proposer des alternatives viables. La RDC mérite mieux qu’un spectacle de magie ; elle mérite une justice réelle, équitable et efficace. Les promesses précipitées faites par des leaders populistes peuvent entraîner des conséquences négatives, souvent ignorées au profit d’une satisfaction immédiate.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













