Alors que Washington s’apprête à accueillir, ce 4 décembre 2025, une nouvelle cérémonie visant à entériner un accord de paix entre la RD Congo et le Rwanda, un sentiment de détermination lucide anime Kinshasa. Le gouvernement congolais, porté par une volonté inflexible de restaurer la souveraineté pleine et entière du pays, aborde ces discussions avec une clarté stratégique salutaire.
Contrairement aux récits ambivalents souvent colportés, la position de la RDC est d’une limpidité cristalline : aucune paix durable ne sera possible sans le retrait total et vérifiable des troupes rwandaises du territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Sur ce principe fondamental, le gouvernement du Président Félix Tshisekedi ne transigera pas.
Il a, en cela, l’assentiment unanime d’une nation tout entière, farouchement attachée à son intégrité territoriale. Face à cette ligne directrice ferme et légitime, Kigali persiste dans un double jeu éhonté. Les récentes déclarations du président Paul Kagame, conditionnant le retrait de ses troupes à l’obtention de “droits” non précisés, relèvent d’une stratégie de dilution et de chantage inacceptable.
Cette tactique est encore éclairée par les sorties provocatrices sur le fédéralisme, qui ne sont que la manifestation d’une ingérence décomplexée visant à fragiliser la cohésion nationale congolaise. Dans ce contexte, les terroristes du RDF/M23 apparaît pour ce qu’elle a toujours été : une création artificielle, un instrument dérisoire aux mains de Kigali.
L’implosion de ses rangs et les doutes sur sa légitimité ne font que confirmer son rôle de pantin désarticulé, incapable de masquer la main qui le guide. Les autorités congolaises ont eu raison de rejeter avec fermeté toute velléité de « brassage » ou de « mixage », qui ne sont que des chevaux de Troie pour l’infiltration et l’affaiblissement de l’État.
Le défi pour les médiateurs américains est désormais de taille. Il ne s’agit pas de rechercher un compromis équivoque au détriment du droit international, mais de garantir l’application sans ambages des résolutions onusiennes. La communauté internationale, et en particulier les États-Unis, doivent démontrer qu’ils n’accorderont pas de récompenses à l’agression.
La paix ne peut se construire sur le dos de la souveraineté d’un État victime. La RDC, nation souveraine et résiliente, ne se rend pas à Washington pour mendier une paix boiteuse. Elle y va pour exiger le respect du droit, le retrait de l’occupant et la reconnaissance de sa légitimité inaliénable.
Toute solution qui porterait préjudice à l’existence de la RDC en tant qu’État et Nation, ou à son patrimoine, serait non seulement injuste, mais aussi vouée à l’échec. La balle est désormais dans le camp de ceux qui prétendent arbitrer : choisiront-ils le droit, ou la complaisance envers un agresseur patenté ? Le peuple congolais, lui, a déjà fait son choix.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













