Depuis la création de l’AFDL par Yoweri Kaguta Museveni et Paul Kagame en octobre 1996, cette stratégie a été utilisée avec succès pour atteindre des objectifs politiques changeants.
Les conséquences de cette approche sur la RDC, en mettant en lumière les implications controversées de l’introduction massive de Rwandais et d’Ougandais sur le sol congolais, sont désastreuses au-delà de l’imaginable.
Un premier objectif atteint : L’AFDL et l’introduction de millions de Rwandais et d’Ougandais en RDC
L’AFDL, créée par Museveni et Kagame, a réussi à renverser le Maréchal Mobutu en mai 1997. Cependant, la présence et le comportement des Rwandais sur les territoires congolais ont provoqué des tensions avec Laurent-Désiré Kabila qui les chassa. Ce qui conduisit à la création du RCD le 02 Août 1998 et du MLC. Ces mouvements, dirigés par des Congolais mais soutenus par le Rwanda et l’Ouganda, avaient pour mission d’introduire ces étrangers au sein des institutions de la République, ce qui a été réalisé avec l’accord de Sun City.
Infiltration des systèmes de sécurité et défense : Du RCD au M23
La stratégie s’est ensuite concentrée sur l’infiltration des systèmes de sécurité et de défense congolais. L’AFDL s’est transformée en RCD, qui a créé le CNDP dirigé par Laurent Nkundabatware, qui pour information vit paisiblement à Kigali après avoir massacré des millions de congolais innocents. Le CNDP obtînt le brassage des militaires étrangers au sein de l’armée congolaise, permettant ainsi la nomination d’individus dont les origines, les parcours et les compétences demeurent un mystère pour tout esprit normalement constitué. Certains occupent encore aujourd’hui des postes stratégiques importants dans l’administration congolaise.
Le M23 et les conséquences de la non-application de l’accord
Le CNDP a évolué pour devenir le M23, dirigé alors par Bosco Ntaganda, un criminel de guerre condamné par la Cour Pénale Internationale qui reconnut sa nationalité rwandaise. Selon l’accord signé par Raymond Tshibanda, 40% de tous les postes de commandement devaient être accordés à ce mouvement rwandais. La guerre dans l’est de la RDC trouve son origine dans le non-respect de cet accord, marquant ainsi une étape supplémentaire dans la stratégie de métamorphose des forces militaires qui transforme le M23 en AFC.
L’AFC : Une nouvelle étape vers la balkanisation ?
L’AFC (Alliance Fleuve Congo), dirigée par Corneille Nangaa, semble être le prolongement de cette stratégie. Elle vise à transformer le M23 en une nouvelle organisation, potentiellement utilisée pour obtenir la balkanisation de la RDC. Les implications de cette évolution suscitent des inquiétudes quant à l’intégrité territoriale et à la stabilité du pays.
La jonction entre toutes ces forces nocives et l’apport de nouveaux venus de l’entourage du clan Kabila dont l’ancien président de la CENI Corneille Nangaa et sans doute beaucoup d’autres personnalités que nous découvrirons dans un bref délai. Sans oublier, tous les déçus de l’Union Sacrée pour la Nation qui seront lésés probablement par la future répartition des postes dans la nouvelle mandature.
La stratégie de métamorphose des créations militaires Rwanda-ougandaises en RDC a eu un impact significatif sur la politique, la sécurité et la stabilité de la RDC. À chaque étape, de nouveaux objectifs ont été poursuivis, souvent au détriment de la souveraineté et de l’intérêt national congolais. Il est essentiel de mettre en lumière ces dynamiques complexes pour une meilleure compréhension des enjeux régionaux et internationaux liés à la RDC.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain













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