La quiétude de la Gombe, quartier huppé de Kinshasa, a été brisée par un acte d’une sauvagerie indicible dont les images insoutenables hantent désormais les réseaux sociaux. Vally Amisi, un entrepreneur congolais estimé, a été froidement assassiné dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 avril 2026.
Son corps, criblé de balles au visage et à la poitrine, a été retrouvé derrière l’hôtel Béatrice, dans le secteur du Beach Ngobila. Mais l’horreur de ce crime réside moins dans sa découverte que dans sa mise en scène glaçante, capturée par l’œil impassible des caméras de surveillance. Les vidéos, devenues virales, dévoilent le déroulement sordide de cette nuit fatale, où le luxe impersonnel d’une chambre d’hôtel s’est mué en une scène de crime. On y voit Vally Amisi entrer avec un homme de grande taille, identifié comme Mukena Mwepu Beni.
La caméra enregistre un dernier échange, puis le silence. Le présumé meurtrier ressort seul, après avoir changé de vêtements, et son geste est le plus accablant : il tend un objet pour obstruer délibérément l’objectif de la caméra, tentant ainsi d’effacer la preuve de son forfait. Les images suivantes ajoutent à l’écœurement. On y voit Mukena Mwepu Beni dans un ascenseur, semblant hésiter, le corps de Vally Amisi visible à ses pieds. Ce n’est pas un crime passionnel commis dans l’emportement, mais un acte prémédité.
Une exécution suivie d’une tentative grotesque de dissimulation. Le visage du suspect, que les vidéos et l’avis de recherche du parquet de la Gombe rendent désormais célèbre, est celui d’un fugitif, d’un homme qui aurait trahi une amitié ou une relation d’affaires pour un motif encore inconnu. La froideur de ses gestes, le sang-froid avec lequel il semble gérer la dépouille de sa victime, et enfin l’abandon du corps derrière l’hôtel, témoignent d’un mépris total pour la vie humaine.
Cet acte n’est pas seulement un meurtre, c’est la négation de l’autre, réduit à un simple objet dont il faut se débarrasser après usage. Aujourd’hui, l’onde de choc dépasse largement les frontières de Kinshasa. La publication de ces vidéos a suscité une immense émotion et une colère légitime en RD Congo et au sein de sa diaspora. Vally Amisi n’était pas un anonyme ; c’était une figure connue des milieux économiques et sportifs, président de la Fédération congolaise de netball.
Sa disparition brutale laisse un vide immense et rappelle la fragilité de l’existence face à la violence aveugle. Mukena Mwepu Beni est activement recherché. Au-delà de la traque du suspect, c’est toute une nation qui exige que justice soit rendue. On ne peut effacer une vie d’un simple geste devant une caméra, et l’on ne peut éteindre la mémoire de Vally Amisi. Ces images, insupportables, doivent servir de pièces à conviction pour que la vérité éclate et que le crime ne reste pas impuni.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR











