Dans un contexte où la corruption et l’impunité semblent régner en maître, la décision de vendre publiquement les biens de Corneille Nangaa Yobeluo soulève des interrogations. Alors que le pays se débat avec les conséquences des mouvements insurrectionnels et des alliances infâmes avec des puissances étrangères, il est temps de réfléchir à la véritable signification de cette vente.
Est-ce un pas vers la justice ou simplement un spectacle de plus dans le grand cirque politique de notre époque. Notre position a toujours été claire : ceux qui ont pactisé avec l’ennemi, qui ont trahi leur propre peuple pour des intérêts personnels, ne devraient pas seulement être punis par la confiscation de leurs biens, mais être frappés d’inéligibilité à vie.
Une mesure qui devrait servir d’exemple, ancrant dans les mœurs populaires l’idée que la trahison a un prix. Cependant, ici, nous divergeons de l’opinion de Constant Mutamba. Vendre ces biens, c’est donner une seconde chance à ceux qui ont trahi, c’est permettre à l’histoire de se répéter sous d’autres formes. Imaginez un instant ces biens, vestiges d’une trahison, transformés en bureaux officiels de l’État.
Ce serait un symbole puissant et incontestable de la résilience de notre nation, un rappel constant que la justice finira toujours par triompher. Pourquoi donner ces propriétés à des enchérisseurs anonymes qui, à leur tour, pourraient les utiliser pour perpétuer les mêmes pratiques qu’ils sont censés condamner ? Et si Corneille Nangaa Yobeluo réussissait par des prête-noms à racheter ses propres propriétés ?
Nous devons nous élever au-dessus des intérêts financiers immédiats et penser à l’héritage que nous laissons aux générations futures. La vente des biens de du chef rebelle Corneille Nangaa n’est pas qu’une question de liquidités pour l’État ; c’est une question de morale. La société congolaise a besoin de repères, de symboles qui incarnent la lutte pour la justice et l’intégrité.
En transformant ces biens en espaces publics dédiés à la gouvernance et au service de la population, nous envoyons un message fort : la trahison ne sera jamais récompensée. Certains services étatiques manquent des bureaux. Certaines associations des victimes des aventures militaires de ces criminels n’ont pas de siège social. C’est l’occasion de réparer cette injustice. Il est temps de prendre position.
Nous devons refuser de céder à la tentation d’une vente qui n’apporterait qu’un bénéfice financier temporaire. Au lieu de cela, faisons de ces propriétés des bastions de l’État, des lieux où la justice et la transparence pourront prospérer. Car au final, ce n’est pas seulement une question de biens matériels, mais une question de dignité, de justice et d’avenir pour notre peuple.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













