Dans un contexte géopolitique volatile où la RDC subit les assauts répétés de forces extérieures, le 8ème Colloque International du Collège des Hautes Études Stratégiques et de Défense (CHESD) a offert une tribune vitale pour repenser l’avenir du pays. Parmi les voix les plus éloquentes, celle du Professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, Rapporteur de l’Assemblée nationale et éminent constitutionnaliste, a résonné avec une clarté thérapeutique.
Son plaidoyer pour une planification rigoureuse et une lutte implacable contre la corruption a illuminé les débats, dessinant une feuille de route pour une RDC souveraine et prospère. Avec la rigueur d’un médecin auscultant un patient, le Professeur Djoli a identifié la corruption comme le mal endémique rongeant les fondations de l’État. Ses propos, aussi tranchants qu’éclairants, ont mis en lumière un paradoxe tragique.
Un pays riche de 2.345.410 km², doté de ressources colossales, reste vulnérable aux convoitises étrangères à cause de sa propre incapacité à gérer ses richesses avec intégrité. Les fonds publics, au lieu de financer les infrastructures ou la sécurité, alimentent des circuits opaques. L’absence de plans exécutés depuis 1960 a créé un vide stratégique exploité par les groupes armés et les influences étrangères.
Les auteurs de malversations rarement sanctionnés perpétuent un cycle de délitement de l’autorité étatique. Le Professeur Jacques Djoli a comparé la RDC à des nations comme Singapour ou le Ghana, où des politiques anti-corruption drastiques ont permis un décollage économique. “La corruption n’est pas une fatalité, mais un fléau que l’on combat par la volonté politique et des mécanismes audacieux”, a-t-il martelé.
Face à ce constat accablant, le Professeur Djoli a proposé un remède en trois temps, mêlant rigueur juridique et ambition stratégique. Définir un projet national unifié, incluant un modèle économique durable et une redistribution équitable des richesses. Renforcer les capacités militaires pour contrer les agressions externes, comme celles du RDF/M23 soutenu par le Rwanda.
Le Professeur a salué les avancées récentes, notamment l’avant-projet de loi spéciale anti-corruption porté par l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), prévoyant l’imprescriptibilité des infractions de corruption, la protection des lanceurs d’alerte, des sanctions alourdies (peines de servitude pénale, amendes dissuasives) et la création d’un tribunal pénal économique et financier, pour juger les crimes économiques avec célérité.
Le Président du parti “Les Bâtisseurs du Congo” Jacques Djoli a souligné l’importance de l’accord de paix du 27 juin 2025 signé à Washington sous médiation américaine, tout en rappelant que “la paix ne se décrète pas, elle se construit par des institutions fortes et une justice impartiale”. Le discours du Professeur Djoli a transcendé le cadre académique pour devenir un chant d’espoir et un appel à l’action.
En phrases ciselées, il a rappelé que la RDC n’est pas condamnée à être éternellement un terrain de jeu pour les prédateurs internes et externes. Elle peut, si elle s’en donne les moyens, devenir un phare de l’Afrique centrale. Son allocution, à la fois analytique et enflammée, a résonné comme un manifeste pour l’émergence d’une conscience collective contre la corruption.
La mobilisation des élites autour d’un projet national inclusif. La défense acharnée de la souveraineté, face aux convoitises rwandaises et autres. Le Colloque du CHESD restera dans les annales comme un moment charnière où la lucidité a rencontré l’audace. Le Professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli y a incarné cette alliance rare entre l’intellectuel engagé et le stratège visionnaire.
Sa Vision 2030 n’est pas un vœu pieux, mais un programme concret pour éradiquer la corruption, ce cancer qui mine la nation. Bâtir un État fort, capable de protéger ses frontières et son peuple. Faire de la RDC un acteur clé de la stabilité régionale. Comme il l’a si bien résumé : “Le temps des balbutiements est révolu. Celui de la maturité stratégique doit commencer.” La RDC a désormais sa boussole. À nous de suivre la voie tracée.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












