Dans la tourmente politique qui entoure la nomination du nouveau gouvernement de la ville-province de Kinshasa, une omission retentissante attire l’attention : l’absence de certains secteurs cruciaux dans les intitulés des ministères tels que l’Urbanisme, les Affaires foncières, les Sports, la Culture et les Arts.
En écartant ces domaines essentiels, le gouverneur Daniel Bumba semble ignorer les besoins fondamentaux des Kinois, laissant présager un avenir incertain pour la capitale de la RD Congo. La liste des ministres nommés par Bumba ne fait pas mention de postes dédiés à l’Urbanisme et aux Affaires foncières, deux secteurs qui sont au cœur des préoccupations quotidiennes des habitants de Kinshasa.
Comment peut-on prétendre gouverner une ville en pleine expansion, où l’urbanisation sauvage et la spéculation foncière sont des problèmes majeurs, sans un interlocuteur chargé de ces questions ? Cette absence est non seulement un manque de vision, mais aussi un signal désastreux pour ceux qui aspirent à un développement urbain durable.
Les Kinois sont confrontés à des défis multiples : des infrastructures défaillantes, un accès limité aux services publics et un manque d’espaces verts. Les décisions en matière d’urbanisme influencent directement la qualité de vie des citoyens. En négligeant ce secteur, Bumba semble accepter passivement l’anarchie qui prévaut dans l’aménagement du territoire.
Les conséquences de cette indifférence sont déjà visibles : bidonvilles en expansion, pollution galopante et absence d’une planification urbaine réfléchie. En parallèle, la culture, les arts et le sport, qui constituent des vecteurs de cohésion sociale et de développement personnel, sont également laissés pour compte.
Dans une ville où la jeunesse représente une part significative de la population, ignorer les secteurs liés à l’expression culturelle et sportive est une grave erreur. Les infrastructures sportives sont en piteux état, et les initiatives culturelles manquent cruellement de soutien. En écartant ces domaines, Bumba prive les Kinois d’un moyen d’expression et de divertissement.
C’est clairement aggravé ainsi le sentiment d’aliénation et de désespoir. Ce faux pas de la part du gouverneur ne peut être interprété que comme un signe avant-coureur de manquements futurs. En effet, l’absence de ministères dédiés à des secteurs aussi fondamentaux ne peut qu’entraîner une gestion chaotique et inefficace de la ville.
Les Kinois méritent mieux qu’un gouvernement qui semble se contenter de gérer les urgences sans prendre en compte les véritables besoins de la population. Il est impératif que le gouverneur Daniel Bumba reconsidère ses choix et prenne conscience des attentes des Kinois. La ville de Kinshasa, avec sa riche diversité culturelle et son potentiel de développement, ne peut se permettre d’être mal administrée.
Les secteurs de l’Urbanisme, des Affaires foncières, des Sports, de la Culture et des Arts doivent être intégrés dans le débat politique pour garantir un avenir meilleur aux habitants de cette métropole dynamique. Ignorer ces réalités serait non seulement une erreur stratégique, mais aussi un affront à la dignité des Kinois qui aspirent à un cadre de vie plus agréable et à une société plus inclusive.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












