“Alors que plus de 50 pays se réunissaient à Washington pour un sommet stratégique, le Rwanda, qui se vante d’un coltan supérieur à celui de la RDC, n’a même pas été invité. Un aveu diplomatique cinglant.”
Le 4 février 2026, Washington a accueilli un sommet stratégique sur les minerais critiques. Plus de 50 nations, dont la RDC, l’Allemagne et le Japon, étaient présentes. L’absent de marque ? Le Rwanda. Le pays n’a pas boycotté ; il n’a tout simplement pas été invité. Un oubli ? Plutôt un camouflet calculé pour celui qui se prend pour le roi du coltan.
Car Paul Kagame, quelques semaines plus tôt, jouait les fanfarons : il produirait, affirmait-il, un coltan “meilleur” que celui du géant congolais. Une déclaration aussi grotesque qu’arrogante pour un pays dont le sous-sol est notoirement pauvre. Le secret de cette excellence ? Un pillage organisé et documenté des ressources de la RDC voisine. Son meilleur coltan sent surtout la contrebande et le cynisme. Mais voilà, la communauté internationale, parfois endormie, vient de se réveiller.
En l’excluant du sommet, elle a tacitement signifié à Paul Kagame que son tour de passe-passe ne dupe plus personne. Pendant que la RDC, malgré ses failles, était conviée à la table des négociations, le modèle rwandais était relégué au rang de paria. Trop d’ombre sur l’origine des minerais, trop de rapports accablants. L’ironie est cruelle : celui qui se pavane à coup de campagne médiatique et de violation du territoire congolais comme un visionnaire de l’industrie minière s’est vu refuser l’entrée.
Comme si, à un sommet sur la sécurité alimentaire, on excluait un restaurateur vantant des plats délicieux mais cuisinés avec des ingrédients volés chez son voisin. La supercherie est éventée, et le monde regarde ailleurs, gêné. Le stratagème de Kagame reposait sur un double langage : d’un côté, une vitrine de transparence et d’efficacité ; de l’autre, une économie dopée à la prédation. La réalité le rattrape. Son absence à Washington est plus éloquente qu’un long discours.
On ne discute pas avec l’illusionniste quand on cherche la vérité des matières premières. Ainsi, le grand démystificateur se trouve lui-même démystifié. Le roi est nu, et son meilleur coltan n’est plus qu’un slogan vide renvoyé à sa propre supercherie. Son invitation perdue ? Le prix à payer pour avoir cru que l’on pouvait indéfiniment transformer le pillage en succès story sans que personne ne s’en offusque. L’histoire retiendra peut-être cette date comme celle où le rideau est tombé sur l’une des mystifications les plus lucratives de la région.
Paul Kagame, le maître de la communication, parrain des crimes innommables, père des milices terroristes qui déciment des populations innocentes dans l’Est de la RDC et déstabilisateur en chef de la sous-région des Grands Lacs, a enfin rencontré un langage qu’il ne contrôle pas : le silence méprisant d’une porte fermée. Et c’est derrière cette porte que l’avenir des minerais critiques se discute sans lui.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













