Le 22 juillet 2023, à 16h30, un événement choquant s’est déroulé dans les locaux du CEEC (Centre d’Études et d’Exploitation des Chemins de fer) à Kinshasa. Jeancy Mayinga, chauffeur du PCA Dave Kalema, a été victime de tortures inhumaines de la part de la garde de son employeur, suite à une réclamation légitime concernant trois mois d’arriérés de salaire.
Cet incident, filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, a suscité une onde de choc à travers le pays et soulève des questions préoccupantes sur les droits des travailleurs en République Démocratique du Congo. Jeancy a osé demander ce qui lui est dû, un acte fondamental dans toute relation de travail. En retour, il a été confronté à une violence inacceptable.
Le fait que la vidéo de cette agression ait été prise par un préposé et envoyée à Jeancy sur ordre de son bourreau témoigne d’une culture de l’impunité, où les abus de pouvoir sont non seulement tolérés, mais également exhibés comme une forme de châtiment. L’incident met en lumière une réalité sombre qui affecte de nombreux travailleurs en RDC : la peur de revendiquer ses droits.
La réaction violente des gardes commis à la sécurité du PCA souligne un système qui privilégie la répression à la négociation. Les employés, souvent dans une position précaire, se trouvent pris au piège d’un cycle d’abus qui les empêche de s’affirmer. La vidéo de la maltraitance devenue virale sur les réseaux sociaux a provoqué un tollé général.
Ce témoignage visuel, bien que douloureux, a le pouvoir de galvaniser l’opinion publique et d’éveiller les consciences sur la nécessité d’une réforme. Les citoyens, outrés par cette injustice, réclament des comptes et un changement concret dans la gestion des droits des travailleurs. Il est impératif que des mesures soient prises pour que justice soit rendue à Jeancy Mayinga.
Une action en justice contre son tortionnaire doit être diligentée au plus vite afin de montrer que de tels actes ne seront pas tolérés. La réaction des autorités sera scrutée de près, car elle déterminera si la RDC est prête à faire respecter les droits fondamentaux de ses citoyens. L’affaire Jeancy Mayinga n’est pas qu’un simple incident isolé.
Elle est le symbole d’un combat plus large pour la dignité et les droits des travailleurs en RD Congo. Il est temps que la société civile, les syndicats et les institutions judiciaires se mobilisent pour mettre fin à cette culture de la peur et de la violence. La voix de Jeancy, bien que blessée, doit résonner comme un appel à l’action pour un avenir où chaque travailleur peut revendiquer ses droits sans crainte de représailles.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













