Le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, censé être le garant de l’aménagement du territoire et de la régulation foncière, est aujourd’hui au cœur d’un scandale qui soulève des questions essentielles sur la gouvernance, la transparence et la responsabilité. Son Excellence Crispin Mbadu s’en est rendu compte par lui-même.
Lors d’une récente visite d’inspection à Mont Ngafula, le ministre Crispin Mbadu a mis à jour une réalité amère : des biens de l’État ont été spoliés, morcelés et vendus sans le moindre contrôle, souvent avec la complicité d’agents de l’Urbanisme et des Affaires Foncières. Ce tableau désolant met en lumière un système à bout de souffle, gangrené par la corruption et l’impunité.
Lors de sa visite dans le quartier Kimvula, le ministre Mbadu a découvert l’occupation illégale de 149 villas sur un hectare de terrain. Ce constat accablant illustre la défaillance des institutions censées protéger le patrimoine public. Ces villas, en grande partie occupées sans autorisation, témoignent d’une gestion déplorable du foncier public.
Comment en est-on arrivé là ? Les réponses sont multiples et plongent dans un océan de complicité et de négligence. La spoliation des biens de l’État ne se fait pas dans l’ombre. Elle est souvent le fruit d’un système où la corruption est devenue la norme.
Des agents de l’Urbanisme et des Affaires Foncières, censés veiller à la régularité des opérations foncières, se retrouvent impliqués dans des pratiques illicites, favorisant ainsi les intérêts de quelques puissants au détriment de l’intérêt général. Cette situation soulève des questions cruciales : où sont les mécanismes de contrôle ?
Comment des transactions aussi douteuses ont-elles pu se réaliser sans éveiller les soupçons ? Face à ce constat accablant, le ministre Crispin Mbadu a agi rapidement en ordonnant l’arrêt des travaux en cours et en annonçant la création d’une commission interministérielle pour examiner cette situation. Cet engagement est un premier pas, mais il doit être soutenu par des mesures concrètes et des actions judiciaires.
La mise en place d’une commission est une bonne initiative, mais elle ne doit pas devenir une simple opération de communication. Les enquêtes doivent être rigoureuses, et les responsables de cette spoliation doivent rendre des comptes. Au-delà des actions immédiates, il est crucial de repenser en profondeur le fonctionnement du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Des réformes structurelles s’imposent pour garantir une gestion transparente et responsable des biens publics. Cela passe par la mise en place de systèmes de contrôle rigoureux. Des audits réguliers et des mécanismes de transparence doivent être instaurés pour prévenir la corruption et les abus.
La formation des agents de l’Urbanisme et des Affaires Foncières aux valeurs éthiques et professionnelles, afin qu’ils deviennent des acteurs de la protection du patrimoine public, et non des complices de sa dégradation et la sensibilisation des citoyens. Informer et sensibiliser la population sur ses droits fonciers et les procédures légales en matière d’urbanisme est essentiel pour encourager une culture de la transparence et de la responsabilité.
Le constat dressé par le ministre Crispin Mbadu lors de sa visite à Mont Ngafula est révélateur d’une crise profonde au sein du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. La spoliation des biens de l’État, facilitée par la complicité d’agents publics, est un phénomène qui doit cesser. Les actions entreprises doivent aller au-delà des mots : il est impératif d’instaurer une véritable culture de la transparence et de la responsabilité.
La lutte contre la corruption ne peut être que l’affaire d’un homme ou d’un ministre, mais doit devenir une priorité nationale partagée par tous les acteurs de la société. Seule une mobilisation collective pourra restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions et garantir un avenir durable pour le patrimoine foncier de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













