Christophe Baseane Nangaa, ancien gouverneur du Haut-Uélé, très mauvais gestionnaire a été vilipendé, traîné dans la boue par une opposition souvent malhonnête menée par Bakomito Gambu et des médias complaisants. Pourtant, comparé à son successeur, il apparaît rétrospectivement comme un modèle de modération, de tolérance politique et même de démocratie.
Oui, Christophe Baseane Nangaa, aujourd’hui en exil à Dubaï, bien que « médiocre gestionnaire » , n’a jamais sombré dans les méthodes brutales et répressives de Jean Bakomito Gambu. La preuve ? En cinq ans de mandat, il n’y a eu aucune arrestation politique dans le Haut-Uélé malgré les accusations de corruption et les liens familiaux controversés avec Corneille Nangaa (son frère, leader rebelle).
Christophe Nangaa n’a jamais fait arrêter un seul opposant, journaliste ou activiste. Même sous les pires attaques, il a laissé la critique s’exprimer – une rareté dans le paysage politique provincial. Sous le mandat de Christophe Baseane Nangaa, des réunions publiques, comme celles sur la gestion minière (Article 242 du Code minier), ont eu lieu, même si elles étaient conflictuelles.
Aujourd’hui, sous l’ancien opposant “Goliath” Jean Bakomito Gambu, ces espaces sont réduits au silence par la menace. Avec l’homme de Bambesa, c’est la descente autoritaire aux enfers. L’exécutif provincial d’Isiro emploie désormais des « terroristes du clavier » pour intimider la presse et la société civile. Une pratique qui n’a jamais existé sous Christophe Baseane Nangaa.
Alors que Baseane Nangaa était critiqué pour son manque d’action environnementale, Jean Bakomito organise des réunions « décisives » sans transparence, marginalisant les chefs coutumiers et les défenseurs locaux. Il y a clairement une gestion opaque de l’Okapi Wildlife Reserve. Sur le plan économique, l’ancien bâtonnier d’Isiro Jean Bakomito réussit à faire pire que Baseane Nangaa.
Ce dernier avait tenté (maladroitement) de faire appliquer l’Article 242 du Code minier, exigeant que 15% des revenus miniers reviennent aux entités locales – une démarche certes contestée, mais qui montrait une volonté (même brouillonne) de redistribution. Aucun projet concret n’émerge sous le mandat de Bakomito, malgré les promesses. Les fonds destinés aux communautés locales disparaissent dans les limbes administratives .
On a tous reproché à Christophe Baseane Nangaa ses liens avec son frère rebelle Corneille Nangaa Yobeluo, mais il a toujours maintenu une distance publique, affirmant : « Umuryango wa Nangaa ntiwigeze ufata intwaro » (« La famille Nangaa n’a jamais pris les armes »). Par contre, qui a financé Jean Bakomito Gambu ? Ses soutiens restent mystérieux et nous y travaillons, mais leur brutalité, elle, est bien visible.
Christophe Baseane Nangaa n’était pas un gouverneur parfait – loin de là. Mais comparé à Jean Bakomito Gambu, il apparaît comme un démocrate, un modéré, un homme qui tolérait la critique sans recourir à la répression. Aujourd’hui, le Haut-Uélé régresse. La peur remplace le débat, la menace tient lieu de gouvernance. Mais une chose est sûre : la « nullité » actuelle rend presque nostalgique l’ère Christophe Baseane Nangaa.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













