Universitaire de formation et parlementaire influent, le Professeur Mechack Mandefu Muela, enseignant à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, a déposé à l’Assemblée nationale deux propositions de loi qui pourraient transformer en profondeur l’architecture électorale de la République démocratique du Congo.
Fort de sa double casquette de législateur et de Président du Groupe Parlementaire AACPG et Alliés, ainsi que de son engagement en tant que membre de la Plateforme des Actions pour la Justice (PAJ) à l’Assemblée nationale, l’élu a choisi de s’attaquer simultanément à la loi électorale en vigueur et au fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
L’objectif affiché est sans équivoque : restaurer la crédibilité et la légitimité des scrutins en corrigeant les failles juridiques et organisationnelles qui minent depuis trop longtemps la confiance des citoyens dans le processus démocratique. Au cœur de ce projet de réforme, porté par un député rompu à l’analyse juridique des institutions, plusieurs mesures phares visent à moraliser la compétition politique et à rationaliser le paysage partisan.
Le texte interdit strictement le cumul des candidatures, empêchant désormais un même candidat de briguer plusieurs mandats simultanément, une pratique souvent décriée comme une stratégie opportuniste nuisant à l’équité. Par ailleurs, les conditions d’accès à la magistrature suprême sont considérablement durcies : l’élu propose un mécanisme d’évaluation exigeant des profils jugés compétents et expérimentés, rompant avec la seule logique d’affiliation partisane pour promouvoir une gouvernance fondée sur le mérite.
Enfin, dans un souci de structuration du débat public, le seuil de représentativité électorale est abaissé à 3 %, une disposition destinée à encourager le regroupement des formations politiques et à limiter l’émiettement chronique des voix lors des échéances nationales. La dimension contrôle n’est pas en reste, puisque la proposition de loi impose que les témoins et observateurs soient prioritairement issus des circonscriptions concernées, tout en maintenant la présence des missions internationales comme rempart ultime à la transparence.
Ces textes, portés par le leadership du Professeur Mandefu au sein du Groupe AACPG et de la PAJ, doivent désormais être examinés en plénière par les élus nationaux. Si le Parlement venait à les adopter, il enclencherait l’une des mutations les plus significatives du cadre électoral congolais depuis des décennies, posant les jalons d’une compétition politique plus apaisée et plus lisible pour les millions d’électeurs du pays.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













