Ce samedi, Kinshasa a vu un geste empreint de solennité lorsque le Président Félix Tshisekedi a rendu un dernier hommage à Marien Ngouabi Tendaie Mutangilaie, un agent de l’administration publique décédé le 19 octobre dernier. Dans un pays où la mémoire et l’histoire politique s’entremêlent souvent, cet acte soulève des questions qui dépassent le simple cadre des funérailles.
Félix Tshisekedi s’est personnellement déplacé au funérarium de l’hôpital du Cinquantenaire, un fait qui n’est pas anodin dans un contexte où la tendance est souvent à l’oubli des figures moins connues mais non moins importantes. Marien Ngouabi Tendaie, originaire du Kasaï-Central et né le jour de la mort de l’ancien président congolais Marien Ngouabi, est un symbole vivant d’une continuité historique complexe.
Ce lien avec le passé, bien que fortuit, pourrait être interprété comme une tentative de Tshisekedi de tisser un récit national qui inclut toutes les voix, même celles qui n’ont pas toujours eu l’écho qu’elles méritent. Le geste du Chef de l’État, qui a déposé une couronne de fleurs et a pris un moment de recueillement, pourrait être perçu comme une manœuvre habile pour reconquérir le cœur d’une population souvent désabusée par les enjeux politiques contemporains.
À une époque où les défis économiques et sociaux abondent, ce moment de communion avec la famille de Ngouabi Tendaie peut servir à rappeler que l’administration publique est composée d’hommes et de femmes qui, malgré leur statut, ont un impact vital sur la vie quotidienne des citoyens. Cependant, derrière cette façade de respect et d’humanité, la question demeure.
Ce geste est-il un véritable hommage à l’individu ou une simple opération de communication politique ? Dans un pays où la méfiance envers les élites politiques est omniprésente, il est légitime de s’interroger sur la sincérité de cet acte. Est-ce un pas vers une réconciliation nationale ou un simple coup de publicité destiné à apaiser les critiques ?
La cérémonie s’est poursuivie avec l’inhumation de Marien Ngouabi Tendaie à la Nécropole 1 « Entre Terre et Ciel » dans la commune de la N’sele, un lieu symbolique qui rappelle la fragilité de la vie et l’importance de l’héritage. La présence du Président à cet événement pourrait également être l’occasion de réfléchir sur le rôle de l’État dans la mémoire collective et l’hommage à ceux qui ont servi, parfois dans l’ombre.
L’hommage rendu par Félix Tshisekedi à Marien Ngouabi Tendaie n’est pas qu’un simple rituel funéraire. C’est une opportunité de questionner notre rapport à la mémoire, à l’histoire et à la politique en République Démocratique du Congo. Alors que le pays navigue à travers des temps tumultueux, ce geste pourrait être interprété comme un appel à l’unité.
Mais aussi comme un rappel que la politique ne doit pas seulement être une question de pouvoir, mais aussi de respect et de reconnaissance de ceux qui ont contribué à l’édifice national, même de manière discrète. L’avenir dira si cet acte sera le début d’une nouvelle ère de responsabilité et de respect ou simplement un écho de promesses non tenues.
Freddy Peugeot
Consultant senior cabinet CICPAR












