Dans la province du Haut-Uélé, un différend frontalier ancestral entre les chefferies de Wando et de Logo-Ogambi est ravivé par des manœuvres obscures qui menacent la stabilité régionale. Loin d’être une simple querelle locale, cette tension révèle comment l’héritage colonial peut être instrumentalisé à des fins inavouables.
À l’origine, une ordonnance de 1955, héritée de l’administration belge, fixe des limites basées sur des repères naturels. Aujourd’hui, ce document devrait servir de base légale incontestable parce que c’est la loi qui a toujours primauté sur les envies et désirs. Pourtant, des acteurs politiques et des intérêts occultes semblent s’ingénier à compliquer la situation plutôt qu’à l’apaiser.
La récente mission gouvernementale, censée apporter une solution, a plutôt semé le doute. L’introduction de nouveaux repères géographiques (Gurude, Naboko), non prévus par le texte de 1955, l’exclusion de certaines parties prenantes et des consultations opaques alimentent les suspicions de manipulations. C’est justement ce qu’il ne fallait pas faire. C’est ce qui envenime les choses sur le terrain.
Derrière une façade de médiation des autorités provinciales, une main noire semble œuvrer à envenimer le conflit pour servir des ambitions personnelles, foncières ou politiques. Dans ce contexte, il appartient à l’État de reprendre la main et d’imposer la primauté de la loi. La solution ne réside pas dans l’invention de nouvelles règles ou dans le favoritisme, mais dans l’application stricte et transparente du droit existant.
L’ordonnance de 1955, pour imparfaite qu’elle soit, constitue le cadre légal de référence ; toute déviation ou interprétation opportuniste ne fait qu’attiser les tensions. Nous en appelons donc aux autorités pour qu’elles assurent leur rôle d’arbitre impartial et garant de l’État de droit. Une commission indépendante et inclusive, respectant scrupuleusement le cadre légal et associant pleinement toutes les parties est indispensable.
Nul ne peut imaginer résoudre un tel brasier sans impliquer notamment les autorités coutumières de ces deux chefferies. La légitimité du processus passera par une transparence absolue et le strict respect de la procédure établie. Il est temps de mettre un terme aux manipulations et de redonner confiance aux populations. La paix dans le Haut-Uélé ne se négociera pas dans l’ombre des manipulations politiques provinciales.
Elle se construira sur le fondement intransigeant de la loi et de l’équité. C’est en ce sens que le consortium des Organisations Non Gouvernementales de défense de Droits de l’Homme ont sonné la trompette pour que la nation congolaise se saisisse de ce dossier. L’État Congolais doit montrer qu’il est le gardien de la justice, et non le spectateur d’un jeu dangereux dont les conséquences pèsent sur les innocents.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













