JP Kamango : ‘‘Le gouvernement travaille sans relâche pour la reprise effective des activités scolaires’’

Jean-Paul Kamango Kiaku, enseignant à l’ITI Ndjili (école publique) et au Groupe Scolaire Sedeke (école privée) à Ndjili  depuis plusieurs années s’est confié à votre rédaction sur les contours d’une éventuelle année blanche.

L’Objectif : Peut-on s’attendre à une année blanche ?

Jean-Paul Kamango : En tout cas, je ne pense même pas à ça d’autant plus que nous avions déjà enseigné les ¾ des matières prévues dans le programme national pour cette année scolaire, donc c’est inopportun d’envisager une année blanche. Pour consolider mon point de vue,  j’enchérirai en affirmant que jusqu’à l’heure actuelle Covid-19 n’a touché que cinq à six provinces sur les 26 que comptent la RDC, donc décréter cette année blanche c’est mettre en moule tous les sacrifices consentis par le ministère de tutelle (administratifs et corps professoral) pendant la période du déroulement effectif des cours.

Ne pensez-vous pas qu’il y a risque de faire des choses dans la précipitation ?

Je ne pense pas que les choses seront faites à la hâte, il y a une expression qui dit que dans des situations exceptionnelles, il faut des solutions exceptionnelles. Le gros du travail a été déjà fait au premier semestre considéré comme le plus long au détriment du second semestre où l’enseignant est appelé à dispenser une grande partie de matières prévues dans le programme national. Pour l’instant, nous attendons le réaménagement du calendrier scolaire par le ministère de l’EPST (Enseignement Primaire Secondaire et Technique) ainsi que la probable rencontre avec la coordination de la riposte Covid-1, Ministère de l’EPST et le banc syndical, c’est à l’issue de ce triumvirat que le tout le monde sera fixé (Professionnel de la craie blanche, parents et élèves).

Cette tripartite traitera des questions de l’heure pour la bonne reprise des cours entre autres la désinfection de toutes les écoles sans exception (publiques et privées) c’est-à-dire les salles de classe ;bureaux ;ateliers ;laboratoires et toilettes, de tous les bureaux gestionnaires ;rendre obligatoire le port des masques aux élèves, enseignants ainsi toutes personnes œuvrant dans des écoles, en bref, mettre en place des gestes barrières efficaces pour se protéger contre cette pandémie.

Les élèves seront-ils en mesure d’assimiler les matières ?

Certainement, mais tout dépendra du système (programme) en mettre par la hiérarchie nationale ou les écoles , puisqu’il nous reste seulement trente jours des cours, on peut prendre toute la première semaine pour réviser les matières déjà vues afin de rafraîchir la mémoire  des apprenants et le reste des jours permettra à l’ enseignant de bien doser ses matières en vue de préparer les apprenants aux épreuves annuelles. Exceptionnellement, l’organisation des cours supplémentaires ou deux vacations pour les finalistes.

Quelles sont vos impressions sur la classe télévisée ?

J’ai répondu précédemment que dans des situations exceptionnelles il faut des solutions exceptionnelles, c’est une bonne initiative, je dirai une nouveauté dans le jargon éducatif congolais, que le ministre de l’EPST Willy Bakonga vient de poser les jalons, d’ailleurs moi personnellement, j’ai recommandé à certains de mes élèves à suivre le programme sur classe télévisée, il y a eu même des parents qui m’appellent pour demander les horaires des cours. La classe télévisée permet aux apprenants de grandes villes de revoir leurs différents cours pendant cette période d’état d’urgence sanitaire, mais je déplore que cette initiative louable n’est pas la bienvenue partout et pour tous, elle crée un distanciation  socio-géo-économique c’est-à-dire, la chaine Educ-TV qui diffuse ces télé-enseignements (classe télévisée) n’est pas en clair, elle est payante ;certains de nos villages ne reçoivent pas le signal de la chaine nationale (RTNC) ; impossibilité d’accéder régulièrement à l’internet, pas de réseaux téléphoniques dans certains coins du pays :coupure intempestive du courant électrique ;manque etc…

C’est une nouvelle expérience importante que le ministère de tutelle doit nécessairement continuer à vulgariser.

La classe télévisée est bénéfique pour certaines grandes villes, mais compliquer pour l’arrière-pays.

Propositions :

Il faudra :

–  Création des groupes réseaux sociaux entre Professeurs et élèves par le professeur titulaire du cours;

– Insérer la classe télévisée ou télé-enseignement dans le programme national avec deux leçons par périodes ;

– Equiper toutes les écoles en matériels informatiques de base (ordinateurs complets, scanner, photocopieuse, imprimante) ;

– Former des enseignants à l’utilisation de l’ordinateur et gestion des réseaux sociaux ;

– Prévoir des leçons modèles relatives à l’utilisation de l’internet et des réseaux sociaux dans tous les degrés.

Un mot  aux élèves  découragés ?

Je demande aux élèves de ne plus se décourager, le gouvernement travaille sans relâche pour la reprise effective des activités scolaires, tout en rassurant que cette année scolaire 2019-2020 ne sera pas blanche.

Interview réalisée par Momba Kalemba Exaucée, stagiaire IFASIC

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