Le gouverneur de la province du Kongo central Atou Matubuana a brossé l’état des lieux de sa province en proie à des tensions diverses liées essentiellement aux appels à sa démission.
Il a abordé entre autres les volets sécuritaire, politique, social, développement, économique, covid-19 et enfin celui du dialogue pour ressouder le problème qui se pose actuellement dans cette province. Sur le plan sécuritaire, le gouverneur nous a rassurés que le calme règne sur l’ensemble de la province. De Kasangulu à Muanda, la situation est calme. Il y a mouvement des personnes et de leurs biens, des véhicules ; les activités reprennent petit à petit. Il y a des mouvements de bateaux, ce qui redonne espoir.
Toutefois, il a constaté quelques zones d’ombre, l’incursion des forces angolaises au niveau de Lukula dans le bas-fleuve ; problème de carence des militaires au niveau de Luozi sur la frontière qui nous sépare avec la République du Congo ; le problème de Kimvula qui est pratiquement très enclavé…
Le gouverneur a parlé de l’insécurité au niveau de Lufu, qui est entretenue par des délinquants communément appelés « Kuluna ». Il nous a rassurés qu’il y a eu des mesures salutaires pour rayer ce phénomène. A Muanda, le Gouvernorat a résolu le problème de la marine angolaise qui bloquait les navires de pêche congolais. Le gouverneur a déploré la circulation, en ce moment, d’armes de guerre dans la ville de Matadi, détenues par des civils qui n’ont pas droit au port de ces armes. C’est ce qui crée l’insécurité. Il nous a parlé de quelques actes du banditisme qui sévit à Mbanza-Ngungu. Et dans le volet politique, il a évoqué le conflit qui existe entre l’institution Gouvernorat et l’Assemblée provinciale. Sur le volet développement, le gouverneur nous a parlé de son plan quinquennal, des actions prévues, des axes routiers à créer et à réhabiliter ; le projet de la création des centres de santé modernes et des écoles techniques et professionnelles dans chaque territoire et il a listé des routes de desserte agricole à finir cette année.
Sur le volet économique, le gouverneur Atou Matumuana a déploré le manque à gagner que la province connaît, il a constaté une baisse de pourcentage en ce qui concerne la rétrocession du péage Matadi/Boma. Le péage Kinshasa/Matadi devait une rétribution à la province de 20%. Jusque-là, le gouvernement central ne donne qu’un forfait à la province de 150.000 Usd qui lui est rétrocédé. Cela ne représente rien par rapport aux 20%. Si par exemple, le péage fait un chiffre d’affaires de 4 millions USD par mois, et les 20 % de rétrocession, donc 800.000 $Us, la province peut se débrouiller. On ne donne à la province que 150 000 USD, cela n’aide pas la province à prospérer.
Avec le pont Maréchal (OEBK), en principe la province devait avoir droit à 10%. Jusque-là, on ne rétrocède que 3%, en termes de droits. Tout ça, ce sont des manques à gagner pour la province. La PERENCO devait rétrocéder 10% sur le pétrole pour la province. Elle paye au gouvernement central, mais rien n’est rétrocédé à la province. Il y a l’ex-ONATRA qui accuse plusieurs mois d’arriérés, et la redevance logistique terrestre n’est pas payée. Cela ne favorise pas le développement de la province.
En rapport avec la situation de la pandémie Covid-19, le gouverneur a confirmé que jusqu’ici il y a 300 cas testés positifs et 80 guéris. Toutefois, il constate que depuis que le président de la République a levé l’état d’urgence, il y a eu un relâchement de port de masque. La population ne respecte plus les mesures barrières. Et il réfléchit sur les mesures à prendre pour rappeler à la population que la pandémie est présente. Le gouvernement national a doté la province d’une ambulance et 500.000 Usd pour résoudre le problème de la pandémie.
Et enfin, on a parlé du dialogue, c’est l’initiative du Chef de l’Etat qui veut dans sa vision que le Kongo Central soit une province unie. Il faut que le Kongo Central puisse faire voir aux Congolais que c’est une province qui contient beaucoup de sages, une province de paix. Raison pour laquelle il a demandé à ce qu’il y ait un dialogue. Nous avons souhaité que le dialogue soit vraiment politique, mais qu’il puisse aussi rassembler toutes les forces vives de la province. Et que ce dialogue soit modéré et facilité par les églises pour que tout le monde puisse être inclu.
JM Mawete













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