Le ministre des Hydrocarbures, Aimé Sakombi Molendo, vient de sortir son dernier chef-d’œuvre : un communiqué aussi captivant qu’une soirée d’été sans électricité. Daté du 11 octobre 2024 et enfin parvenu à notre rédaction le 14 octobre 2024, ce chef d’œuvre de la bureaucratie congolaise nous rappelle, avec une ferveur presque poétique, le lancement d’un processus d’appel d’offres pour les blocs pétroliers… en juillet 2022.
Oui, vous avez bien lu, 2022 ! Prendre son temps n’a jamais été aussi chic. Dans un élan d’honnêteté désarmante, le ministre nous informe qu’après une évaluation minutieuse de la Commission ad hoc – une équipe apparemment aussi efficace qu’un moteur à explosion dans une voiture électrique – il s’avère que le grand public a décidé de bouder ce processus.
Des candidatures absentes, des offres non recevables, des dépôts tardifs, et j’en passe. On pourrait croire que nous parlons d’un concours de talents raté à la télé plutôt que d’un appel d’offres pour des droits d’hydrocarbures. Qui aurait cru que l’industrie pétrolière attirerait si peu de monde ? Peut-être que le pétrole a perdu son attrait, ou que les candidats ont décidé de se lancer dans la poterie au lieu de se battre pour une place au soleil.
Et que dire de l’ultime coup de théâtre ? L’annonce de l’annulation du processus ! Oui, mesdames et messieurs, le ministre, dans un acte de bravoure sans précédent, déclare l’annulation du processus en cours. Et la cerise sur le gâteau ? La promesse d’un nouveau départ, d’une relance « incessante » de la même procédure. Qui a dit que la redondance était ennuyeuse ?
C’est presque un concept philosophique, non ? Relancer, relancer, relancer… jusqu’à ce que quelque chose de miraculeux se produise ! Mais attendez, ce n’est pas tout ! Les candidats qui se sont manifestés doivent maintenant contacter la commission ad hoc pour connaître les “modalités pratiques”. Une belle manière de dire : “Merci d’être venus, mais maintenant, démerdez-vous !”
On imagine déjà les candidats, perplexes, tentant de comprendre comment on passe d’un fiasco à une nouvelle chance. C’est comme si on leur offrait un deuxième round dans un combat déjà perdu d’avance. Ce communiqué est un chef-d’œuvre d’absurdité. Aimé Sakombi Molendo, avec toute la rigueur d’un funambule sur un fil, jongle avec les mots et les promesses tout en nous laissant avec une question cruciale.
Dans ce grand cirque des hydrocarbures, qui sera le prochain à tenter sa chance ? Peut-être que la prochaine fois, au lieu de candidatures, nous devrions simplement organiser un tirage au sort. Après tout, avec un peu de chance, le Kongo pourrait enfin voir ses richesses exploitées… ou pas. Tout incompétent est comme un bateau sans gouvernail : il dérive sans but et finit toujours par sombrer.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













