Le mal est identifié : La RDC, victime de l’homme politique et de son peuple (Tribune de Blaise Kasiama, analyste politique indépendant)

Quel nom évocateur, République démocratique du Congo (RDC). Plusieurs auteurs ont défini la démocratie. Nous en avons retenu deux.

Pour HL Mencken, la démocratie est la théorie selon laquelle les peuples savent ce qu’ils veulent et méritent de bien le faire. L’ancien près des États-Unis, Abraham Lincoln estimé que la démocratie est la souveraineté populaire: le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Au cœur se trouve le concept selon lequel la population choisit un gouvernement par le biais d’élections régulières, libres et transparentes. Depuis que le Congo a accédé à l’indépendance la démocratie n’est qu’un vain slogan. À ce sujet, deux protagonistes sont pointés du doigt accusateur : la classe politique et le peuple lui-même.

Les politiques sur le banc des accusés

Dans mon pays où la politique est sensée amener une vision claire pour faire assoir la démocratie, pour changer la société, développer les villes et villages, …

A contrario, les acteurs politiques se réduisent à l’égoïsme, à l’individualisme et à l’affairisme. Ces derniers font de la politique une carrière au point de vouloir s’éterniser au pouvoir. Pour vivre voire survivre, l’homme politique congolais s’écarte des valeurs et des principes cartésiens régissant l’organisation du pouvoir et la gestion de la cité. Ipso facto, place à la politique du ventre. Les décisions et les lois sont monnayées à coup des billets verts au Parlement. Avec la génération actuelle au pouvoir, la médiocrité s’est installée dans l’appareil de l’État. Comment sommes-nous arrivés à cette situation tant décriée par tous? Le gout de l’enrichissement illicite et de l’argent facile s’est érigé dans la sphère politique depuis les années de l’affaiblissement du système politique du Maréchal Mobutu. Les politiciens congolais se sont lancés à cœur joie dans la corruption et le népotisme jusqu’à négocier la souveraineté du pays avec les ennemis du Congo pourvu qu’ils reviennent au pourvoir, une opportunité pour se faire une santé financière. Voilà pourquoi nous clamons haut et fort que les politiques ont conduit lentement mais sûrement le pays de Patrice Lumumba l’hécatombe. Ce sont eux qui ont négocié l’indépendance. Ils ont été à la fameuse Conférence nationale souveraine, à l’Accord de Sun city en Afrique du Sud. Bref, ils ont été présents dans tous les rendez-vous historiques du pays. Les politiques ont élaboré les différentes constitutions du pays. Et pourtant, ils sont incapables de respecter l’esprit et la lettre de la loi fondamentale. Les mêmes politiques sont à la base de différents accords occultes signés avec divers pays et tiers pour leurs propres intérêts égoïstes et mesquins. Et cela au détriment du pays et du peuple. Ce sont eux qui gèrent l’appareil de l’État dans différentes structures: Gouvernement, entreprises publiques. Alors que le pays n’avance pas. Ces politiques s’amènent avec des plagiats des programmes du Gouvernement et des budgets irréalistes. Le pays ne décolle pas à cause de la megestion, de la corruption et du clientélisme qui sont devenus monnaie courante. Du jour au lendemain, un politique est capable de faire volte-face: quitter un parti de la gauche vers celui de la droite s’il ne trouve plus son compte.

Bouc-émissaires

Pour endormir le peuple, les politiques ont développé un discours démagogique pour accuser l’occident et les pays voisins de vouloir déstabiliser le Congo. Si tel était le cas, avec qui les occidentaux et les pays voisins, coopèrent et signent les accords secrets? Les ennemis de la RDC utilisent les mêmes politiques moyennant l’argent et des promesses du pouvoir, postes au Gouvernement. Il y a qu’au Congo Kinshasa où les lois sont interprétées selon son obédience. La justice fonctionne à double vitesse, incapable de protéger les plus démunis. La police s’est écartée de sa fonction régalienne: elle est utilisée comme moyen de répression contre le peuple revendiquant ses droits les plus légitimes. Les hôpitaux généraux de référence se meurent alors que les hôpitaux privés des expatriés prennent l’ascenseur. Le Gouvernement sensé garantir les soins de santé primaire à ses concitoyens est absent. Les centres de santé manquent des ambulances et de surcroît sous-équipé. Cependant, on préfère allouer aux 500 députés des véhicules coûtant chacun au moins 25.000 dollars américains. Le nombre d’étudiants augmentent à chaque rentrée académique mais les infrastructures d’accueil restent les mêmes, celles léguées par la métropole.

Le go pass (taxe payée pour aller à l’Inter ou à l’extérieur du pays) est collecté depuis plusieurs années par la RVA. Les organisations de la société civile réclament à cor et à cri la traçabilité des fonds perçus. Mais hélas, sans succès ! Sans oublier les infrastructures aéroportuaires dans un état de délabrement. Le congolais lui-même Le comportement du congolais étonne et laisse à désirer : un peuple naïf, inactif et peureux. Ils servent de roue aux politiciens. Distrait, le congolais parle beaucoup mais n’agit pas. Ils critiquent le soir dans des arrêts de bus et le matin, ils applaudissent les mêmes gouvernants. Une hypocrisie sans pareille. Les congolais ne sont pas résistants, ils abandonnent facilement. Les mêmes congolais soutiennent les manifestations d’opposition, ce sont les mêmes qui marchent dans la rue avec les hommes au pouvoir. Certes, il y a un sérieux problème avec le peuple congolais. Le peuple congolais ignore ses droits et devoirs. Plongé dans la misère et pauvreté, il ne manifeste qu’à l’appel des politiques. La gestion à la base est quasi inexistante. Que font les chefs des quartiers et les bourgmestres Quels sont les services que les chefs des quartiers et les bourgmestres doivent rendre à la population? Le peuple est plus plongé dans le régionalisme. Ils s’adonnent à soutenir les leaders de leurs contrées d’origine même si les idéaux ne cadrent pas avec les réalités du développement du pays. Clochardisé par la pauvreté, le taux de chômage bat le plein. Les écoles, établissements d’enseignement Supérieur et Universitaire poussent comme des champignons dans un environnement non viable. Conséquence, aucune institution éducative congolaise parmi les meilleures d’Afrique. Les conditions de vie du congolais sont précaires : la gestion de l’environnement, la santé primaire, l’eau, l’électricité, la gestion des déchets, immondices, eaux usées, la liste n’est pas exhaustive. Les résultats sont amers et calamiteux.

Rarement, le peuple marche pour son propre bien-être. Et pourtant, la Constitution lui a conféré les prérogatives de faire pression sur le pouvoir pour obtenir ses droits. Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple n’a pas son sens dans mon pays. Le peuple congolais n’est pas exigeant, affaibli par les divisions tribales. Nos villages se meurent faute des routes, la jeunesse est sous les arbres faute d’emploi, les enfants dans la rue, à cause des familles détruites par la pauvreté et le chômage des parents.

La société civile indexée

La société civile, une branche du peuple aussi corrompue. Dans mon pays, nous avons la société civile du pouvoir et la société civile de l’opposition. Donc population est bien roulée dans la farine. Des hommes d’église, les associations syndicales aux jeunes activistes, les politiques se sont arrangés à créer leurs propres sociétés civiles pour anéantir les velléités des autres.

La majorité du peuple est déconnectée de la réalité et le pays est détruit à petit feu. Le mal est identifié. Rassemblant tous ces faits, vous allez tomber d’accord avec moi que l’homme lui-même est à la base de la destruction de sa nation. Le problème du pays, c’est la politique et le peuple inactif et amorphe, cloué au sol, ne sachant quoi faire et comment agir. Le peuple est dans une grande léthargie. Le marché central démoli, deux ans jour pour jour, le gouverneur de la ville de Kinshasa garde paisiblement son fauteuil. La taxe RAM fait pleurer le peuple, le ministère de tutelle fait la sourde oreille. Le Président congolais signe un accord avec le Rwanda pour traitement de l’or congolais au Rwanda, créant ainsi des emplois pour un pays étranger. Cependant, les congolais attendent toujours la venue des investisseurs blancs pour trouver un petit job. Les contrats sont réservés aux libanais, indiens et chinois au détriment de l’homme d’affaires congolais. Si le peuple ne se réveille pas de ce sommeil d’ignorance, les générations futures n’auront pas le 2.345. 000 km2 que nous avons aujourd’hui.

La lutte contre la balkanisation n’étant pas entièrement gagnée. Après avoir examiné tous les secteurs de la vie du pays, les indicateurs ont démontré que les dirigeants ont détruit le pays sous l’œil inactif et non exigeant du congolais, qui ne méconnaissent pas leurs droits. Un peuple aussi facile à manipuler. Si vraiment l’homme congolais aimait son territoire et avait l’amour de son compatriote, notre pays serait compté parmi les grands et serait développé. Nous tirons la sonnette d’alarme, aux activistes qui aiment le Congo de réveiller le peuple pour la défense de leurs droits et non des individus, moins encore des partis politiques. Mieux vaut tard que jamais. Sauvons le Congo.

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